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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 11:20
Délivrance de Jussi Adler Olsen

Je viens de terminer mon premier Adler Olsen... Pour moi, il possède toutes les caractéristiques romanesques des bons écrivains de polars nordiques très en vogue depuis une bonne décennie (norvégiens et islandais en particulier). On retrouve en chacun ce rythme assez lent, cette froideur d’investigation et cette espèce de force surnaturelle qui sont autant de marqueurs pour ces auteurs issus de pays soumis à un climat exigeant où la nuit l’emporte si souvent sur le jour. Pourtant, chaque fois, la dimension humaine est chaude et souvent réconfortante, les personnages attachants, les intrigues tirées au cordeau.

L’enquête du commissaire Morck commence quand une mystérieuse bouteille retrouvée en Ecosse atterrit sur son bureau à Copenhague. L’énigmatique et ancien message qu’elle contient va l’entrainer, lui et son équipe, dans un périple audacieux auprès de sectes religieuses de tous poils…

On remarquera au passage l’énorme travail de documentation de l’écrivain qui rend ces milieux sectaires, très fermés par définition, plus vrais que nature.

On admire également la vraisemblance des membres de son équipe pourtant tellement improbable : Rose, la jeune femme hystérique et schizophrène, Assad, équipier syrien à la silhouette improbable, au phrasé approximatif. Ils ont un point commun, ils sont tous deux d’une extrême efficacité !

Quant à l’inévitable tueur en série d’un genre particulier, il est parfait (trop parfait ?). Cynique, froid, sans sentiments véritablement humains, calculateur et ingénieux. Il n’y a qu’une chose qu’il ne maîtrise pas, le hasard…

Ce roman à succès ne m’aura pas laissé indifférent. Il est original, bien écrit et avec une vraie densité des protagonistes. Juste un petit bémol. La longueur de l’intrigue. On est parfois à deux doigts de l’ennui. Heureusement, l’auteur passe la vitesse supérieure sur les deux-cents dernières pages, rendant la lecture enfin addictive ! C’est probablement la longueur excessive de 680 pages du roman qui est à l’origine de ce travers. On a l’impression que l’enquête n’avance pas et que l’on se perd en tergiversations inutiles… Malgré tout, je suis prêt à recommencer l’expérience avec d’autres enquêtes du commissaire Mork !

Michelangelo 2016

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 17:59
Schlump de Hans Herbert Grimm

Jeune allemand, Schlump a 17 ans quand la Grande Guerre éclate. Il se porte volontaire et se retrouve en France, dans la tranquille gestion de plusieurs villages du Nord de la France. Il devra ensuite rejoindre le front où il va connaître les affres du combat dans les tranchées : la faim, la mort, la saleté, le désespoir et l’enfer sous les bombes. Blessé, puis convalescent, il va reprendre divers travaux de gestion et rencontrer des filles en manque d’amour, des planqués, des opportunistes, de la folie et de l’amitié. Reste à survivre en attendant l’armistice et le retour chez soi…

Réaliste, ce roman plutôt pacifiste, lui valu d’être interdit par les nazis en 1933, et son auteur dut se cacher sous un pseudonyme pour éviter les ennuis.

Schlump traverse la guerre avec une certaine désinvolture teintée de naïveté. Pourtant, ses aventures ne laissent pas le lecteur indifférent. Elles apparaissent comme un témoignage de gens simples sur une époque particulièrement tourmentée et violente. Elles montrent combien les acteurs ordinaires de ce drame font ce qu’ils peuvent pour survivre sans forcément tomber dans la compromission.

Longtemps oublié, ce roman fort est à ranger auprès des grands textes sur la Guerre 14-18 (Les croix de Bois de Dorgelès, A l’Ouest rien de nouveau de Remarque). J’ai particulièrement apprécié l’aspect documentaire qui laisse entrevoir des facettes inconnues, voire étonnantes, de la gestion matérielle et administrative de la zone occupée.

Merci à France-Loisirs d’avoir eu le courage de rééditer ce roman hors du commun, particulièrement dans cette période si troublée où les repères sont si difficiles à trouver car volontairement effacés par ceux que le chaos nourrit.

Michelangelo 2015

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 11:01
Des garçons bien élevés de Tony Parsons

Une jeune femme est violée puis assassinée par sept jeunes tortionnaires.

Vingt ans plus tard, sept anciens étudiants de la prestigieuse école privée britannique Potter’s Field fondée par Henri VIII se font égorger les uns après les autres…

L’inspecteur Max Wolfe devra mener une enquête difficile parsemée d’embûches où argent, politique, tradition et honneur se mêlent.

Max Wolfe, brutalement quitté par sa femme après la naissance de leur fille Scout, va naviguer vers la vérité au gré de ses intuitions et des interdits qu’on lui impose… Pour résoudre l’énigme, il lui faudra beaucoup de persuasion et de travail sur lui-même.

L’intrigue est parfaitement menée et prend le lecteur à la gorge dès les premières pages. On croit distinguer tout de suite les fils de la situation, mais l’auteur nous emmène sur des chemins de traverse qui vont nous déstabiliser continuellement.

Les personnages, qu’ils soient bons ou mauvais, restent attachants et si proches de nous ou de ce que nous pourrions être, qu’on a du mal parfois à discerner le bien du mal. Qu’est-ce que la vengeance ? Qui mérite de mourir ? Pourquoi ? Qui souffre réellement ici-bas ? Comme souvent en pareille situation, l’auteur nous donne la clé de sortie universelle : seul l’amour peut nous sauver. C’est en son nom que le meilleur comme le pire peuvent être accompli. Le reste est affaire d’interprétation. Toute la force de ce roman est de plonger le lecteur dans cette indécision qui, sans rendre le meurtre excusable, permet au moins de s’interroger sur les valeurs communément admises. Des garçons bien élevés peuvent être des porcs, et parfois les porcs valent mieux qu’eux…

Juste un petit reproche. Le dénouement final tarde à venir et je pense que l’auteur aurait pu éviter des déambulations parfois un peu lourdes ou appuyées avant d’en venir au point final.

Malgré cette légère restriction, je recommande cette lecture à tous les amateurs de nouveauté policière où la psychologie des personnages est aussi importante que la qualité de l’intrigue. Je dois également remercier le site Babelio et les Editions de la Martinière de m’avoir permis de découvrir Tony Parsons dont le talent est indiscutable.

Michelangelo 2015

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 18:52
Maillot Noir (Collectif Calibre 35)

A l’occasion du passage du tour de France 2015 entre Rennes et Mûr-de-Bretagne, le collectif rennais d’écrivains de polars Calibre 35 a proposé un recueil de nouvelles sur ce thème. Parmi les auteurs, on retrouvera avec plaisir Hervé Commère dont la notoriété ne cesse de croître…

Chaque nouvelle explore un aspect de la nature humaine autant qu’un aspect trouble du cyclisme professionnel. Si les nouvelles sont de qualité inégale, on ne peut qu’apprécier les efforts manifestes des uns et des autres pour sortir un texte original sur un sujet assez fermé. La nécessaire connaissance du sujet, au-delà des clichés habituels, se retrouve parfois magnifiée ou au contraire caricaturée. C’est un peu le risque de ce genre d’exercice. Toutefois, il est indéniable que l’ensemble des auteurs est animé de la plus grande des bonnes volontés, et on ne ressort pas déçu de notre lecture.

Pour ma part, j’ai évidemment apprécié le travail d’Hervé Commère à qui je peux beaucoup pardonner, même de parfois se répéter (mais avec talent). J’ai découvert avec un vrai plaisir la facilité d’écriture de Frédéric Paulin que j’ai eu la chance de rencontrer lors de la 25ème heure du livre au Mans en octobre 2015 où il siégeait avec Hervé Commère.

Isabelle Amonou m’a également convaincu avec son Tandem parfaitement construit. Nathalie Burel décrit une belle histoire de jalousie féminine assez bien ficelée, Claude Bathany navigue entre sérieux et burlesque, l’inspecteur de Valérie Lys enquête sur un assassinat improbable sur la ligne de départ, Stéphane Grangier nous sert un délire auquel je n’ai guère adhéré, Léonard Taokao caricature une histoire de dopage largement exagérée.

Personnellement amateur de vélo sportif, je conserverai avec attention cet opus comme on garde une relique dont la rareté fait la principale richesse.

Michelangelo 2015

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 10:55
La vie devant soi de Emile Ajar (Alias Romain Gary)

Mohammed est le fils d’une prostituée parisienne qui échoue dans la pension de Madame Rosa. Elle devient alors sa seule famille. Madame Rosa, ancienne prostituée elle-même, s’est reconvertie en garde d’enfants un peu particulière à Belleville… C’est une juive miraculée du camp d’Auschwitz qui porte en elle la terreur accumulée lors de cette tragédie. Fatiguée, grosse et malade, elle va nouer avec Momo une relation quasi maternelle forte et partagée. L’amour que lui porte Momo jusqu’à la fin lui permettra d’éviter ce qu’elle redoute le plus : finir comme un légume à l’hôpital.

Voilà bien longtemps que j’avais présent à l’esprit l’impérieuse nécessité de lire ce roman goncourisé en 1975. J’ai réalisé dès les premières pages l’erreur que j’avais commise de remettre cette lecture à plus tard…

Dans le roman, c’est Momo qui relate sa relation avec madame Rosa. L’auteur reprend donc l’écriture et les tournures qui pourraient être celles d’un jeune enfant. Cela donne un ensemble crédible et imagé, teinté d’humour et de drôlerie. Le style est léger, la vision du monde celle du regard d’un enfant malmené par la vie et pourtant plein d’espoir pour le futur.

Les sentiments forts émergent derrière les mots enfantins, les bizarreries grammaticales et les vérités que seul un enfant est capable d’évoquer sans fard, à l’état brut. Loin des précautions d’écriture et des artifices littéraires traditionnels, le monde cruel de Momo et Rosa nous apparaît dans sa vérité nue, implacable et terrible où l’ironie et l’humour nous évitent de sombrer dans la plus inutile des compassions pour ces personnages si réels et attachants.

L’univers de ce Paris oublié de l’après-guerre, des petites gens, de la prostitution et des quartiers populaires nous apparaît au travers des yeux de cet enfant avec une précision historique et sociologique d’autant plus convaincante qu’elle émerge de ce filtre naïf qui déforme la réalité pour mieux nous la faire sentir de l’intérieur.

Ce beau roman fait d’espoir et de douleur, d’amour et de haine, transcende la nature humaine dans ce qu’elle a de plus beau et de plus haïssable à la fois. C’est une gifle autant qu’une caresse. Une œuvre forte et originale. Un chef d’œuvre d’écriture et d’humanité…

Michelangelo 2015

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 10:16
L’Enfant rebelle de Christian Laborie

Très jeune orpheline, Adèle abandonne son fils Raphaël, né d’une relation non consentie avec le fils de sa famille d’adoption en 1897. Elle s’enfuit refaire sa vie à Nîmes. Un autre bébé, Vincent, est confié aux besoins de cette même institution religieuse le lendemain, fruit d’une relation jugée coupable dans la bonne société cévenole… Les deux enfants vont être remis à des familles adoptives. Suite à une erreur de la Mère principale, Raphaël se retrouve dans une famille bourgeoise sous le prénom de Vincent et Vincent atterrit dans une famille de paysans pauvres sous le prénom de Raphaël.

L’enfant rebelle dont il est question dans ce roman n’est autre que ce « faux » Raphaël qui va devenir le souffre-douleur de sa nouvelle famille. Pendant ce temps, le « faux » Vincent va couler une vie tranquille dans l’opulence, l’amour et l’absence de besoin…

L’essentiel du roman retrace la vie difficile de ce Raphaël dans les magnifiques paysages montagneux des Cévennes bien connus de l’auteur. Il recherchera la vérité sur ses origines et retrouver sa filiation pour ensuite fomenter sa vengeance inéluctable.

J’ai vraiment eu le sentiment de retrouver un livre comme on les écrivait au 19ème siècle, par épisodes parus dans la presse, en longs chapitres pour répondre à la demande du commanditaire et nourrir l’écrivain pour le plus grand bonheur des lecteurs.

Le thème reprend les éléments indispensables d’un bon feuilleton de l’époque : les amours interdits, la vengeance, la pauvreté et la richesse, les secrets et les vérités. Le tout s’articule habilement sur des faits historiques (la filature de la soie en Cévennes et la guerre 14-18), des histoires de familles, une étude des mœurs de l’époque, les concours de circonstances et le hasard faisant le reste. De même, les références familiales faites avec le roman précédant, Les Rochefort, s’inscrivent dans la même lignée de ces romans fleuves qui vont de rebondissements en rebondissement de livre en livre…

Certes, certaines situations paraissent invraisemblables et il faut une certaine dose de bonne volonté pour passer outre en considérant que parfois, la réalité même peut dépasser la fiction…

Certes, les registres de langage des uns et des autres ne peuvent correspondre à ceux qu’on attendrait. Pour exemple, ce Raphaël gardien de moutons abruti par ces parents adoptifs dès ses premiers jours et qui manie la langue française avec dextérité dès l’adolescence (il est vrai avec le secours de son instituteur qui le prend en pitié). Rappelons alors aux sceptiques que les héros de Corneille ou Racine ne parlaient certainement pas en alexandrins, ce qui ne retire rien à la qualité de leurs ouvrages, bien au contraire…

Evidemment, Christian Laborie n’est pas le Zola de la fin du 19ème siècle. Malgré tout, il m’a enchanté avec son récit généreux, passionné et passionnant. A l’instar de Jean Anglade, il perpétue une tradition de romans de terroirs très française. Il porte avec lui un patrimoine qui restera vivant pour de nombreuses décennies.

Pour toutes ces bonnes raisons, je remercie vivement les Presses de la Cité et le site Babelio d’avoir offert à mon appétit de lecteur averti ce mets de choix.

Michelangelo 2015

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 09:29
L’espèce fabulatrice de Nancy Huston

De mon point de vue, Nancy Huston est une excellente romancière. Aussi, quand j’ai vu paraître cet essai, l’envie m’a pris de voir comment elle allait s’en tirer dans un type d’écrit dont elle n’est pas coutumière…

A juste titre, Nancy Huston rappelle des évidences, à savoir que l’humanité est la seule espèce capable de fabulations, et cela du fait qu’elle maîtrise le langage élaboré.

Depuis la nuit des temps, les chamanes et sorciers en tous genres élaborent des théories pour expliquer le monde et introduisent une dimension sacrée à ce qui nous entoure. L’histoire humaine est l’ensemble des histoires que l’homme se raconte, verbalement d’abord, puis de façon écrite ensuite. C’est aussi le point de départ des religions, fabulations ultimes pour expliquer le monde et le rendre supportable…

Par le langage, par les histoires contées, l’homme a la main mise sur le passé, le présent et le futur. Aucune autre espèce n’a ce pouvoir sur Terre… C’est une façon de maintenir la mémoire collective en éveil et entretenir sa faculté de projection dans l’avenir.

Cela s’appelle aussi la conscience. Conscience d’être né, de vivre, et certitude de mourir un jour. L’Homme a conscience de son état et de son passage temporaire en ce monde. Cette chance et cette malédiction tout à la fois permettent de donner du Sens à notre existence mais aussi d’en comprendre la futilité et la fragilité.

Ainsi, l’humanité se construit sur des fictions racontées puis écrites, institutionnelles ou futiles… Le roman participe de ce mouvement d’ensemble. Il réécrit à l’envi les grandes interrogations de l’humanité, la vie, la mort, le temps qui passe, le futur qui nous attend…

Nancy Huston, obnubilée par son désir d’inscrire la part importante du roman dans ce phénomène unique qu’elle nomme fiction humaine, omet juste de souligner le caractère fortement symbolique que permettent le langage et les conséquences de celui-ci. Mais c’est œuvre de philosophe et Nancy Huston n’a pas cette prétention dans cet essai.

En définitive, ce texte se lit avec plaisir. Certes, il y a des vérités déjà mille fois répétées ailleurs, mais le ton teinté d’impertinence rend l’ouvrage agréable et novateur.

Nancy reste fidèle à elle-même, joyeuse et vraie, authentique et sincère, autant de qualités qui ont fait sa célébrité. Certains critiques mettent l’accent sur le côté un peu décousu de son propos. J’admets que Nancy Huston manque parfois de rigueur, mais c’est certainement dû au fait qu’elle ne livre pas un traité philosophique sur le sujet mais plutôt qu’elle ouvre un dialogue avec son lecteur, dialogue qu’elle maintient avec d’autres et qui n’en est que le prolongement !

Michelangelo 2015

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 09:46
La maîtresse au piquet de Jean Anglade

Frédérique est une jeune institutrice qui a vécu des moments difficiles avec une belle-mère acariâtre et le décès prématuré de son père. Elle est fatiguée de la vie parisienne et de la difficulté d’enseigner en banlieue. Elle trouve un certain réconfort chez un libraire érudit, Pierre Méraville. Avec lui, elle connaitra le monde de l’édition et de la critique littéraire. Malheureusement, Méraville décède brutalement. Aussi elle décide de se faire muter en Auvergne. Là, elle va découvrir un autre monde… Celui des choses simples et de la campagne laborieuse peuplée de paysans droits dans leurs sabots de peupliers et dans leurs convictions.

Installée dans une petite maison d’Antaillat, elle va transformer son lieu de vie en repaire pour les poissons rouges, les chats et les escargots et la nommer ma Cyprinière en hommage à ces mêmes poissons rouges élevés avec beaucoup d’attention dans le petit bassin créé à cet effet. La compagnie de son chien Croc-Blanc, ainsi nommé en souvenir du roman de Jack London, la réconforte dans ses moments de solitude et l’accompagne dans ses promenades dans la campagne.

Les voisins sont charmants (même si les Kleister sont mal acceptés pour d’obscures raisons liées à la dernière guerre), les élèves studieux, bien courageux et conquis par cette jeune institutrice qui charme son auditoire avec sa clarinette joyeuse !

Puis arrive Vincent, ouvrier modeste mais si charmeur… Une idylle va naitre entre eux, et Frédérique va redoubler d’efforts pour accompagner son nouvel ami vers les joies de la connaissance et de la lecture…

Jean Anglade ne déroge pas aux règles qu’il semble se fixer pour chaque roman : mettre en scène des personnages attachants et les faire évoluer dans sa chère Auvergne en n’omettant surtout pas de parler avec nostalgie d’école, cette école qu’il a aimé instituteur, celle de la classe unique, de la morale et de la plume sergent-major, de l’ascenseur social et du coup de règle sur les doigts…

Comme d’habitude, c’est bien écrit. Je dirais même avec application. Il n’oublie rien. Les petits détails qui font une ambiance, les bons sentiments qui vont jusqu’à la grandeur d’âme… Lire un roman d’Anglade, c’est glisser dans une époque révolue et dans un grand bain de plaisir qui confine au bonheur. Certains penseront certainement qu’Anglade est un peu mièvre et démodé. Ils n’ont pas entièrement tort. Pourtant, peu d’écrivains savent, comme lui, émouvoir leurs lecteurs. Personnellement, je l’en remercie !

Michelangelo 2015

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 09:02
La soupe à la fourchette de Jean Anglade

Zénaïde est une petite marseillaise placée dans une ferme du cantal par sa famille pendant la seconde guerre mondiale. La pénurie de vivres est telle en ville que cette échappatoire est encouragée par les autorités.

Zénaïde se trouve confrontée à un choc culturel et c’est l’occasion pour l’auteur de magnifier cette vie rurale auvergnate qui lui est chère… On y apprend maintes traditions locales, autant sociales que culinaires. Ainsi, la soupe à la fourchette n’est autre qu’une recette typique du Cantal. Zénaïde va apprendre la vie de la ferme, s’habituer aux goûts délicieux des produits locaux (fromages, saucissons, viandes, plats cuisinés). Elle va garder les vaches et découvrir ce qui ressemble fort à une première relation amoureuse avec Adrien, de deux ans son aîné. Adrien va devenir rapidement celui qui va l’initier aux mystères de la vie dans la campagne cantalienne mais aussi son protecteur dans l’univers forcément un peu fermé de ce village replié sur lui-même, loin de la fureur de la guerre.

Jean Anglade est un excellent conteur au style alerte quoique parfois un peu empesé et il nous entraîne sur les chemins qu’il magnifie, sa belle Auvergne. Tel un historien attentif à préserver une culture en voie de disparition, il s’applique à faire vivre devant le lecteur des pratiques ancestrales et n’hésite pas à mêler le patois au français dans ses dialogues forts imagés. C’est certainement ce qui plait chez cet écrivain qui réveille en nous une forme de nostalgie pour un passé perdu ou en passe de l’être.

Malheureusement, il m’a semblé que ce travail d’ethnologie l’emportait sur la trame romanesque qui passe au second plan pour n’être qu’un prétexte à la reconstitution « historique ». J’en veux pour preuve une seconde partie traitée en accéléré pour aboutir à une fin boiteuse qui laissera le lecteur sur sa faim et dont le seul objectif est de terminer l’exposé.

J’ai l’occasion de côtoyer régulièrement un natif de l’Auvergne, Michel, qui est lui aussi amoureux de sa région et j’ai eu récemment l’occasion de faire un petit séjour cycliste dans une partie reculée du Cantal qui m’a ravi. Les propos de Jean Anglade confortent chez moi l’idée que l’Auvergne est une magnifique région un peu délaissée avec une richesse culturelle indéniable.

Jean Anglade est l’heureux porteur de voix de son beau pays et se trouve malheureusement affublé du titre un peu péjoratif dans l’édition parisienne d’écrivain du terroir. Mais n’est pas écrivain du terroir qui veut ! Jean Anglade, lui, est un grand, taillé à l’image des volcans de son Auvergne natale.

Michelangelo 2015

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 11:33
Temps glaciaires de Fred Vargas

Nous retrouvons avec plaisir l’inspecteur Adamsberg qui va tenter de démêler l’étrange relation qui existe entre un drame vieux de dix ans qui a abouti à la mort de deux personnes en Islande, et l’acharnement réel ou supposé d’un tueur à faire disparaitre certains des adeptes d’une étrange association qui fait revivre des grands moments de la vie publique de Robespierre et de cette période historique qu’on désigne sous le nom évocateur de Terreur.

Adamsberg ayant des façons de pratiquer ses investigations de manière très personnelle, et ses adjoints se montrant également originaux comme à leur habitude, l’intrigue promet d’être passionnante ou pour le moins divertissante. C’est du moins l’état d’esprit qui était le mien en abordant cette lecture.

Or, même si l’intervention d’un sanglier protecteur ou l’esprit dévastateur islandais au joli et terrifiant nom d’Afturganga pimentent cette lecture, même si le cadre de l’enquête est parfaitement soigné comme d’habitude et les personnages bien campés, j’ai le regret de constater que je me suis un peu ennuyé lors de cette lecture.

Plutôt inconditionnel des romans de Fred Vargas, cela m’a étonné. Aussi il m’a fallu un certain temps avant de poser cet avis sur le papier. Juste le temps de comprendre cet ennui que j’ai enfin circonstancié.

Fred Vargas écrit bien, parfaitement bien. Elle sait créer des situations originales et nous proposer des enquêtes conduites avec brio. Ce n’est donc pas cela qui est en cause ici. En réalité, ce que j’ai ressenti, c’est une forme d’usure, une fatigue devant les invraisemblances proposées, comme ce sanglier qui ressemble un peu au cerf de son roman ‘Dans les bois éternels’, ou ces petits os humains dénichés dans un endroit hautement improbable... Longtemps j’ai adhéré à ces divagations qui donnaient un certain relief à l’intrigue (voir ma critique dithyrambique des bois éternels’), autant maintenant elles me lassent… C’est un ressenti très personnel, j’en conviens, et je ne souhaite pas décourager les futurs lecteurs de ce dernier roman. Pour ma part, la chose est certaine, je ne choisirai plus le dernier Vargas avec l’empressement habituel. Pourvu qu’elle me pardonne !

Michelangelo 2015

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