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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 17:31

Fin décembre 1999, deux tempêtes mémorables qui ont balayé la France, causant des dégâts inégalés sous nos contrées. Dans ce contexte exceptionnel, le jeune Rémi disparaît. Dans le petit village de Beauval, où tout le monde se connaît, l’événement prend une ampleur faite de stupeur, de suspicion et d’incompréhension.

Antoine, jeune collégien un peu taciturne et solitaire va se trouver au centre de ce drame dès l’instant où il voit son voisin, le père de Rémi, abattre son chien froidement d’une balle de fusil de chasse et placer la pauvre bête dans un sac poubelle qu’il jette sur le tas d’ordures. La cruauté du geste provoque un cataclysme psychologique qui va emmener Antoine sur des rives très dangereuses.

Pierre Lemaître aborde un thème banal (l’enlèvement probable d’un enfant, voire sa séquestration ou son assassinat) d’une manière originale. La collusion entre les faits d’actualités (les tempêtes de 1999) et le récit romanesque s’imbriquent avec savoir-faire. Les trois jours relatés au début du roman déterminent l’enchaînement des faits jusqu’à nos jours. Le coupable idéal, M. Kowalski et la vie affective complexe d’Antoine au fil des années vont servir de trame à une intrigue simple et pourtant passionnante.

Ce roman met en avant la psychologie des personnages, insiste sur les traits de caractère des uns et des autres et fait la part belle au remords, au sentiment de culpabilité. On y voit poindre également des secrets de famille bien cachés qui ne demandent qu’à le rester.

Lire Pierre Lemaître, c’est pénétrer dans un univers avec ses codes, sa grille de lecture fataliste, parfois jusqu’au désespoir. Les personnages y sont souvent condamnés à l’exil, la mort ou le renoncement. La fin est souvent tragique, rien ne vient extraire les héros du marasme où ils sont plongés. Les histoires sont à l’image de la vraie vie, impitoyable et souvent cruelle. Les bons sentiments peuvent poindre par petites touches, mais la noirceur l’emporte toujours sur les éclaircies fugaces. L’ironie plus que l’humour a force de loi. J’oserai dire que Pierre Lemaître écrit des romans dans le même esprit qu’Emile Zola, en fin connaisseur de la nature humaine et des limites qu’elle s’impose et que le simple fait d’exister impose à chacun.

Pour conclure, ce petit roman n’est certainement au niveau de son prix Goncourt (Au-revoir de là-haut). Il est à réserver aux inconditionnels de l’auteur qui lui pardonneront de ne pas écrire deux chef-d ‘œuvres consécutifs, ou aux novices qui souhaiteraient découvrir un auteur incontournable du roman noir à la française !

 

Michelangelo 2017-02-02

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 11:43

A Crozon en Bretagne, en 1992, un bibliothécaire taciturne et parfaitement original décide d’ouvrir un rayon dédié aux livres non édités. Seule contrainte, le roman devra être déposé par l’auteur éconduit des maisons d’édition. Une jeune éditrice, Delphine, en vacances dans cette région pense y découvrir un chef-d’œuvre écrit par un certain Henri Pick. Malheureusement, celui-ci est décédé voici deux ans Toutefois, sa veuve autorisera Delphine a publier ce roman mystérieux, écrit par un pizzaiolo qui n’a jamais manifesté le moindre intérêt pour les livres mais semble avoir mené une double vie riche culturellement. La promotion du roman bat son plein et les ventes s’envolent. C’est alors qu’intervient le journaliste critique littéraire Jean-Michel Rouche qui, rejeté par sa profession, cynique et acerbe à souhait, va mener son enquête afin de mettre à jour ce qu’il pressent être une machination et un coup médiatique.

La construction de ce roman, par petits chapitres, rend la lecture agréable et l’enquête pétillante. Les ressorts de l’auteur s’articulent autour de petits faits ordinaires qui vont faire avancer l’intrigue avec des personnages bien typés, parfois un peu caricaturaux mais toujours attachants et crédibles. Le coup de théâtre final est bien amené et, pour moi qui suis assez crédule, plutôt inattendu.

Ce qui domine dans ce petit roman, c’est l’humour. On sent que Foenkinos joue avec son lecteur, l’amuse et le régale de ses bons mots. Malgré tout, il ne manque pas une occasion de nous faire réfléchir en distillant ici et là de petites sentences fort à propos.

Certes, l’ouvrage n’a pas la force du beau livre Charlotte plusieurs fois récompensé. Je pense que Foenkinos a juste voulu écrire un intermède délicieux et sans prétention, sans lâcher sur l’essentiel, c’est à dire sur la qualité d’écriture, de l’histoire et du montage de l’intrigue. Le mystère Henri Pick est, à ce titre, une belle réussite que vous serez heureux de parcourir pendant vos moments de loisirs ou de vacances. Un livre comme on les aime !

 

Michelangelo 2017-01-24

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 17:21

Tony assiste aux funérailles de son frère alors qu’il reçoit un coup de fil important d’un client qui lui réclame un dossier très important. Il accepte de faire un détour à l’agence d’assurance pour satisfaire cette demande. Quelle n’est pas sa surprise de se retrouver en terre inconnue ! Aucun de ses collègues ne le reconnaît ! Expulsé par la sécurité, il veut retrouver sa famille mais sa femme, ses parents et son meilleur ami ne le reconnaissent pas ! Qui plus est, il reçoit un coup de téléphone mystérieux lui enjoignant de restituer un objet dont il ignore tout dans les 2’ heures, faute de quoi ses proches seront exécutés !

Commence alors pour Tony une course contre le temps et contre les apparences pour parvenir à sauver les siens et retrouver ce qu’il espère ne pas avoir perdu : sa lucidité et sa santé mentale mises à rude épreuve !

Fidèle à son titre, Sébastien Bouchery va entraîner le lecteur dans une course folle où chaque minute peut offrir le meilleur comme le pire.

Le rythme est soutenu, parfois étourdissant. L’auteur ne prend pas le temps de s’attarder sur la psychologie des personnages qui reste très sommaire. Il évite souvent d’extrême justesse les incohérences pour servir un déroulé un peu tiré par les cheveux. Si au début l’accroche est bonne, les invraisemblances rendent l’intrigue assez peu passionnante malgré quelques bons moments, comme dans un thriller destiné au cinéma américain (je pense aux scénarios de 24 heures chrono, ou la série culte « Die Hard » avec Bruce Willis).

Ce roman a été récompensé par les lecteurs de France-Loisirs en 2016. Je ne suis pas certain qu’il laissera un souvenir impérissable…

 

Michelangelo 2016

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 16:12

Maya, jeune militaire en retraite anticipée voit son mari Joe assassiné sous ses yeux par deux hommes cagoulés, dans Central Park. Souffrant de troubles liés à son implication dans la guerre d’Irak, elle va développer des troubles que d’aucuns jugeront paranoïaques. Pour protéger sa fille, elle va installer une caméra discrète dans son salon et pourra ainsi surveiller la baby-sitter.

Alors vont s’enchaîner des faits troublants de nature à déstabiliser la plus endurante des combattantes… Joe est-il mort ou vivant ? Qui a torturé puis sauvagement assassiné sa sœur alors qu’elle-même se trouvait encore en Irak ? Quel mystère entoure l’école luxueuse qui semble avoir été un point de départ de la situation actuelle ? Pourquoi son beau-frère Andrew, qu’elle n’a pas connu, s’était-il suicidé il y a une quinzaine d’années ? Quels mensonges entretient sa riche belle-mère Judith ?

Aidée de son ami Shane, compagnon indéfectible de la campagne irakienne, elle va tenter de dénouer cet imbroglio, réalisant que c’est une véritable course contre la montre qu’elle entreprend pour échapper aux enquêteurs qui verraient bien en elle une coupable idéale.

L’intrigue est bien menée, haletante. On a du mal à lâcher ce livre. C’est mon premier Coben, et même si je trouve la construction très classique, à l’américaine, et le style assez peu travaillé, je reconnais avoir passé un bon moment à cette lecture. Les personnages ont une certaine densité, la fin est surprenante et bien vue (ou c’est moi qui ne suis pas perspicace et n’ai rien vu venir).

Paru en exclusivité chez France-Loisirs, sa diffusion reste actuellement limitée aux seuls abonnés. Souhaitons que, très vite, le roman paraisse en édition de poche afin d’accéder au succès mérité.

 

Michelangelo 2016

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 11:47

Jonathan et Angela sont associés dans la même entreprise mais divorcés. Jonathan a du mal à surmonter cette séparation qui l’éloigne de sa fille Chloé alors qu’il côtoie Angela quotidiennement dans sa vie professionnelle. Leur associé et ami Mickael se verrait bien racheter leurs parts dans l’entreprise…

Ryan, jeune blogueur pervers et cynique, vole avec sa caméra sophistiquée et son équipement de prise de son à distance les moments de détente des gens attablés sur la terrasse du bistrot voisin ou encore l’intimité de Gary, le taciturne vendeur de muffins.

Pendant ce temps, le champion de tennis Austin Fischer gagne les matchs du tournoi de Flushing Meadow un à un sous le regard acéré de Raymond, vieux caméraman habitué du circuit du Grand Chelem.

Trop seul un weekend, Jonathan par déambuler sur les quais de San Francisco où règne une agitation de foire. C’est là qu’il rencontre une jeune bohémienne qui lui annonce qu’il va mourir… Traumatisé par cette nouvelle qui lui paraît authentique, il va se réfugier chez la vieille mais philosophe tante Margie qui va l’aider à remonter la pente et trouver un sens à sa vie très perturbée (d’où le titre du roman…).

Fidèle à son habitude, Laurent Gounelle nous sert un cocktail de bon sens et d’humour, servi par des personnages en instabilité affective, pour mettre en avant ses propres théories sur le bonheur, le bien vivre et le sens profond de l’existence humaine. L’empathie de ses personnages est indéniable et participe au plaisir qu’on éprouve à lire le roman. La philosophie de Laurent Gounelle, basée sur des vérités plus ou moins vérifiables a le mérite de démontrer comment on peut agir sur sa vision du monde, gérer les interactions dans nos rapports sociaux. Il évite l’écueil de la moralisation qui aurait rendu son propos indigeste et favorise la légèreté et l’humour délicat.

Les détracteurs de son œuvre pourront répéter les mêmes critiques (toujours les mêmes interrogations sur le sens de la vie, toujours la quête du bonheur, toujours des personnages plutôt naïfs, toujours de bons sentiments, toujours les mêmes réponses...), alors que les amateurs du genre seront une nouvelle fois comblés.

Personnellement, j’oscille entre les deux. Côté détracteur, je pense que Laurent Gounelle devrait se renouveler et durcir l’aspect un peu guimauve de ses intrigues. Côté amateur, je dirai juste que son roman est une bouffée de fraîcheur et d’humanité qui le rend agréable et plaisant à lire.

Michelangelo 2016

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 11:13

Grace et Andrew sont frères et sœurs. Ils héritent d’une très grande maison bourgeoise et décident de s’y installer, chacun se réservant son propre espace. Andrew fait venir son compagnon James… La belle entente se fissure alors pour atteindre un point paroxystique…

Entre-temps, Grace qui prépare un mémoire pour sa thèse universitaire dont le thème s’articule autour de la difficile vie des « filles mères » au 19ème siècle, reçoit un manuscrit de cette même époque où il est décrit l’histoire d’un frère homosexuel et de sa sœur mère célibataire… Cette collision entre passé et présent va générer un séisme.

Le roman s’articule en trois parties très distinctes. La première partie concerne l’installation de Grace, Andrew et son ami James dans la grande demeure. Les difficultés de cohabitations sont nombreuses pour atteindre un point fatidique. La seconde partie, la plus longue, est la retranscription intégrale de ce manuscrit qui relate des faits authentiques vécus au 19ème siècle. C’est un roman à lui tout seul. La dernière partie est en forme d’épilogue à la première partie. Très brève, elle est sensée établir une liaison être les deux premières parties et proposer un dénouement…

Très franchement, je n’ai rien compris à l’intrigue générale ! Ces trois parties traitent des mêmes sujets, « filles mères » et homosexualité, mais le raccord et la logique entre elles ne m’ont pas sauté aux yeux, hormis le fait que les personnages de la seconde partie seraient les ancêtres de James…

En fait, la lecture du manuscrit, que Ruth Rendell décide de restituer dans son intégralité, est la plus intéressante (L’enfant née d’une enfant). Elle y traite de deux sujets tabous pour l’époque, l’homosexualité et les filles-mères. L’écriture est plaisante, les personnages ont une réelle profondeur, les caractères sont bien brossés. L’ambiance sent l’honnête travail de recherche historique. L’importance de ce manuscrit et sa réelle densité en font l’unique intérêt de l’ouvrage de Ruth Rendell, de mon point de vue. Elle aurait pu se dispenser d’y ajouter une pseudo intrigue qui n’apporte rien et atténue la force militante du manuscrit inséré au point qu’au lieu d’en percevoir la dénonciation de l’injustice, qui reste encore à combattre de nos jours, on cherche désespérément un fil conducteur avec le reste de l’ouvrage !

Adepte des romans policiers ou romans à suspens, Ruth Rendell livre probablement dans ce dernier roman un plaidoyer vibrant pour les minorités accablées. Mais l’extrême mélange des genres rend notre adhésion pratiquement impossible. Je le regrette profondément, car cette écrivaine aujourd’hui disparue méritait meilleur testament.

 

Michelangelo 2016 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 11:50

Après avoir connu le succès avec son roman pseudo autobiographique, La vérité sur l’affaire Harry Québert, Marcus Goldman, alias Joël Dicker, en panne d’inspiration, décide d’écrire l’histoire de sa famille et le drame qui va toucher son oncle Saul, son épouse et ses deux cousins. Histoire qui semble l’avoir marqué de façon indélébile.

Marcus vit avec ses parents dans le New Jersey. Famille modeste mais aisée, ils sont tout le contraire de l’Oncle Saul, prestigieux avocat d’affaires fortuné vivant avec sa superbe femme Anita et leur fils Hillel et presque fils adoptif Woodrow dans une somptueuse maison de Baltimore.

Les deux familles se retrouvent régulièrement pendant les vacances scolaires chez Oncle Saul, en Floride et les cousins tissent des liens très forts malgré leurs différence de statut social et la présence d’Alexandra, magnifique voisine des Baltimore dont les trois cousins sont amoureux… Au fil des années, leur amitié va tenir contre vents et marées au point de se prénommer eux-mêmes le Gang des Baltimore, jusqu’au drame annoncé qui va faire basculer cette belle organisation de façade à Thanksgiving.

Toute l’intrigue tient dans ce drame sans cesse évoqué et que le lecteur attend longtemps avec une certaine impatience. Il n’est pas facile de maintenir l’attention du lecteur avec la promesse d’un coup de théâtre sans tomber dans l’ennui induit par l’évocation des longues  réminiscences de l’auteur fictif, Marcus Goldman. Pour cela, il utilise avec savoir-faire la relation amoureuse qui lie la belle Alexandra à Marcus et ses cousins, relation ambigüe à souhait qui devient un fil conducteur à l’égal de ce voisin âgé, Léo, qui voudrait devenir écrivain mais bute éternellement sur une page blanche et apporte à Marcus son soutien…

Une fois encore, l’Amérique est le décor bien brossé de Dicker pour son roman mais, peut-être avec le souci de se renouveler, il n’évite pas certaines outrances qui deviennent autant  de clichés d’une société à plusieurs vitesses où le pouvoir de l’argent emporte tout sur son passage. On notera cependant une analyse des personnages d’une certaine densité psychologique et il parvient à leur donner une existence plausible alors même que l’on sent derrière les réactions parfois caricaturales le travail consciencieux et brillant de l’étudiant en cours  de littérature qu’il fut…

Ecrire une suite à son premier best seller représentait pour Dicker une gageure pas facile à relever, les critiques littéraires jaloux l’attendant à l’orée du bois.

Malgré tout, j’estime que, sans avoir écrit un chef d’œuvre, et sans atteindre le niveau d’écriture de son premier roman, Dicker a conçu un assez bel ouvrage avec certes, bien des défauts, mais quelques belles réussites. J’ai pris plaisir à cette lecture et me suis très modérément ennuyé en attendant un dénouement qui tarde un peu.

Si je pouvais donner un conseil à Dicker pour son prochain ouvrage, ce serait de laisser tomber Marcus Goldman, de faire table rase, et de nous proposer un tout autre sujet afin de prouver que son imagination ne connaît pas les limites que certains voudraient lui imposer. Mais mon avis est de peu de poids et mon insignifiance avérée n’ira certainement pas jusqu’à lui mais recevra les foudres de la bien-pensance à la française, celle des belles lettres et de l’establishment…

 

Michelangelo 2017 

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 17:36
Une putain d'histoire de Bernard Minier

Auteur de thrillers français de la nouvelle génération, Bernard Minier nous entraîne à la limite Ouest des Etats Unis, dans l’Etat de Washington, proche du Canada et de l’Alaska, sur une petite île desservie par des ferrys, et peuplée d’autochtones qui se connaissent tous depuis des générations. C’est sur cette petite île que vivent Henry, sa petite amie Naomi, et leurs autres camarades de lycée Kayla, Charlie et bien d’autres. La nature dure et rageuse de leur environnement va prendre une importance cruciale dans l’intrigue et donner au roman une couleur particulière et déstabilisante pour le lecteur. Cela en fait une Putain d’histoire racontée principalement par le personnage central, Henry.

La situation paraît d’abord assez simple. Henry est élevé par deux femmes, il aime Naomi, on baigne dans le monde ordinaire de ce début de 21ème siècle. Puis l’intrigue s’emballe, une mort survient, puis un père riche et peu regardant va chercher un fils perdu. Une mère va vouloir protéger son fils… On pourrait trouver cette complexité enrichissante et c’est vrai qu’elle l’est, parfois. Mais le danger, et je pense que l’auteur est tombé dans le panneau, c’est de rendre l’histoire peu crédible et parfois un peu ennuyeuse.

Personnellement, je ne sors pas enthousiasmé de cette lecture. J’y ai trouvé trop de longueurs et des effets artificiellement créés qui ne m’ont pas convaincus. L’analyse sociale est bien menée. Les personnages sont un souvent caricaturaux (le riche qui prend des libertés avec la déontologie et espionne le Monde entier, les méchants repris de justice, les lycéens révoltés, les homosexuelles).

En revanche, j’ai apprécié les cartes postales sur cet Etat méconnu des Etats Unis qui donnent envie d’y faire un voyage touristique. Bernard Minier semble y avoir vécu de belles journées et éprouver une passion forte pour cette région.

Vous l’aurez compris, ce roman m’a déçu. Pour une découverte de l’auteur, c’est raté ! Malgré tout, je ne me découragerai pas en si bon chemin et de vais lire d’autres ouvrages de cet écrivain qui, pour moi, avec ce seul roman, n’égale pas la virtuosité d’un Hervé Commère ou d’un Pierre Lemaitre…

Michelangelo 2016

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 11:00
La mémoire des embruns de Karen Viggers

Presque mourante, Mary souhaite finir ses jours sur l’île qui représente tout pour elle, l’île de Bruny en Tasmanie. Là la vie est difficile, la météo peu clémente, mais les souvenirs abondants. Cette décision ne va pas plaire à ses enfants, sauf à Tom, le petit dernier choyé dont la naissance tardive reste un mystère… Aidée de Léon, gardien du par et du camping, elle va laisser ressurgir des souvenirs qu’elle croyait enfouis à tout jamais au fond de sa mémoire, faire revivre une période joyeuse et parfois douloureuse auprès de ses enfants et de son mari, gardien du phare à une époque maintenant révolue dont les traces jalonnent la petite île pour qui sait les distinguer au-delà des ravages du temps.

Toutefois, un lourd secret finira par être révélé, mince fil conducteur au long d’un roman foisonnant dans lequel l’auteur aborde longuement sa passion pour l’Antarctique, passion qu’elle fait partager à Tom, le célibataire et fils récemment divorcé qui navigue entre désespoir, recherche d’équilibre et nostalgies.

Karen Viggers nous fait aimer la nature sauvage, l’antarctique. Elle se montre habile pour montrer des personnages authentiques, élaborer des caractères complexes et tourmentés, décrire des paysages… Malheureusement, le prétexte du roman, un secret de famille bien gardé, est d’une grande banalité qui colle mal à l’emphase du propos. Le décalage est tellement énorme que parfois on se demande comment Karen va créer la surprise (qui tarde tant à venir) pourtant cousue de fil blanc. Cette lettre mystérieuse n’a de mystère que pour le lecteur très candide ou peu perspicace, tant est si bien que l’intrigue ne repose que sur les paysages et les interactions entre les personnages qui semblent tourner en rond trop souvent.

Malgré tout, ce roman est un honnête travail et une belle ouverture sur ce continent étonnant et méconnu qu’est l’Antarctique et sa faune si particulière. C’est déjà ça de gagné !

Michelangelo 2016

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 11:02
L'étrangleur masqué de Michael Prescott

Assassin en série moderne, il installe des systèmes de vidéo-surveillance chez de jeunes femmes, s’immisce dans leur vie intime, puis passe à l’acte…

Rien de très original dans cette chasse au tueur perfide, hormis l’utilisation de technologies modernes et d’Internet. Je me suis beaucoup ennuyé à suivre cette enquête interminable et assez soporifique, alors même que la fin qui se veut apothéose est désespérante de lourdeur.

Le style ne brille pas par son originalité ni ses qualités, les personnages sont souvent des caricatures. Bref ! C’est un roman à oublier bien vite dont je ne vous conseille aucunement la lecture.

Michelangelo 2016

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