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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 12:13
Pardonnez nos offenses de Romain Sardou

L’action se situe à la fin du 13ème siècle, époque proche de la fin du moyen-âge, à Draguan, petit diocèse du comté de Toulouse isolé de toute civilisation… On découvre 3 corps horriblement mutilés, un homme et deux enfants jumeaux, qui flottent sur la rivière. Quelques années plus tard, l’évêque du diocèse est assassiné brutalement alors qu’il semblait enquêter sur ce triple meurtre. Intervient alors un curé hors normes pour l’époque, Henno Gui qui, mandaté par l’évêque avant son décès, va reprendre l’enquête et découvrir l’impensable.

Romain Sardou met la barre haute. Il joue à écrire comme Umberto Ecco dans Le nom de la rose, où un moine mène une enquête dans un monastère, mais le challenge est risqué et Romain Sardou semble s’être pris les pieds dans le tapis.

Certes, l’étude historique semble plausible et évite les erreurs trop voyantes. Malheureusement, l’intrigue s’essouffle vite et les personnages rament littéralement pour arriver à un épilogue hasardeux et frustrant.

J’avais dit tout le bien que je pensais de l’auteur avec son thriller Personne n'y échappera. Aujourd’hui, je revois mon jugement légèrement à la baisse, sans toutefois condamner définitivement Romain Sardou à ma liste noire. Son succès en librairie atteste qu’il a su rencontrer un public et j’attends de lire un autre de ses romans pour porter un jugement catégorique et définitif.

Michelangelo 2016

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 20:35
Y avez-vous danse Toinou ? Yves Viollier

A quatre-vingt-douze ans, Antoinette Besse accepte de se confier à Yves Viollier, écrivain charentais faisant partie de la famille Besse par alliance. Cela se passe à Angeac, en plein été au milieu des vignes et d’une nature préservée et magnifiée par l’auteur.

Antoinette, Toinou pour les intimes, a passé sa jeunesse dans le Périgord noir, menant la vie dure de la paysannerie pauvre du début du 20ème siècle. La tragédie attachée au village de Hautefaye et l’absence de perspective pour l’avenir, vont pousser Toinou et sa famille à migrer en Charente où, croit-on, la vie est plus facile. Mariée à quinze ans avec un homme plus vieux qu’elle connait à peine, privée d’école la plupart du temps (il faut bien aider aux travaux des champs et à la maison…), Toinou va faire preuve d’une énergie phénoménale pour traverser sa longue vie semée d’embûches et de désastres. Elle aura subi bien des malheurs et traversé deux guerres terribles sans pourtant se départir de son envie de vivre et ne rien perdre de son énergie débordante. A plus de quatre-vingt-dix ans, elle fait encore son jardin et soigne tout son petit monde !

Ce récit montre également comment, au fil d’une vie, la société rurale a radicalement changé. Les bœufs tirent encore la charrue et seule la faux coupe les blés quand Toinou déroule sa jeunesse. Le vignoble charentais se relève tout juste du phylloxéra, et la production du Cognac prend vraiment son essor, favorisant l’enrichissement de la région. La campagne a été bouleversée en un siècle dans des proportions qu’on a du mal à imaginer. Seule la rivière Charente déroule immuablement son cours au fil des saisons.

Avec beaucoup de tact et sans pathos inutile, Yves Viollier dépeint un monde pétri d’humanité dans lequel la parole est précieuse et le passé formateur. Les acteurs qui gravitent autour de Toinou (famille, amis, voisins) ont tous leur importance et apportent leur pierre à l’édifice à leur juste mesure. L’auteur, peut-être influencé par Giono (Les vraies richesses, Jean le Bleu, Le serpent d’étoiles), décrit la Nature comme un ensemble actif et cohérent. Les arbres, les animaux, les éléments, le soleil, la pluie, l’orage agissent de concert avec les hommes et apportent du sens à ce qui ne serait qu’un désordre incompréhensible.

Toinou a-t-elle connu le bonheur ? Question ultime de l’auteur à laquelle elle répond par une pirouette que je vous laisse découvrir. En tout cas, elle mourra à cent-trois ans entourée des siens et laisse, grâce de Yves Viollier, un témoignage poignant et nostalgique sur une vie pleine, souvent difficile mais si belle. Un hymne à la vie !

Merci aux Presses de la Cité et au site Babelio de m’avoir permis de découvrir ces belles pages réconfortantes.

Michelangelo 2016

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 15:50
Jean le Bleu de Jean Giono

Souvenirs d’enfance magnifiés. C’est ainsi que l’on pourrait résumer ce beau livre tout en poésie, authenticité et humanité.

Jean Giono ne décrit pas réellement son enfance mais tente de retrouver, au travers de fulgurances incertaines et pourtant si réalistes, les émotions qu’il a pu ressentir à cette époque.

Comme à son habitude, il magnifie sa belle Provence, ses paysans et le mode de vie simple mais si plein de richesses intérieures. Il brosse un tableau admirable de dignité de ses parents aimés.

Comme il se doit, la Nature est un personnage à elle seule : la nuit, le vent, le soleil, la pluie, la montagne, la forêt, les modestes animaux, entre autres, sont doués de raison et interviennent, à leur mesure dans ce grand tableau kaléidoscopique de formes, de couleurs, d’odeurs et d’émotions.

Les beaux métiers anciens sont mis en vedette : le cordonnier, le boulanger, la lavandière, le berger, le paysan et le berger…

Les personnages sont poètes, musiciens, philosophes…

On se plonge dans ces évanescences avec délectation, même si, parfois, le rythme un peu lent ou le propos difficile à saisir à force de pirouettes d’écrivain.

Au bout du compte, on a envie de proclamer, comme Giono, que le bonheur est dans de petites vallées. Bien petites ; il faut que d’un bord à l’autre on puisse s’appeler.

Mais le temps des hommes passe et tout semble soudain bien vieux et dérisoire alors que la guerre de 1914 clôt la jeunesse de Jean le Bleu avec son cortège de souffrances et de mort. Les dernières pages sont d’une grande tristesse. Tristesse pour cette enfance évanouie trop vite et tristesse face à la brutalité d’un monde incompréhensible et violent. L’émotion personnelle de Jean le Bleu le dispute à son sentiment de révolte pour ces hommes lointains qui mènent le Monde à sa perte, juste par souci du profit.

Michelangelo 2016

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 18:26
D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère

Ce livre n’est pas, à proprement parler, un roman. Emmanuel Carrère a pour habitude de mêler étroitement vie réelle, faits divers et fiction (La classe de neige, L’adversaire). La fiction sert avant tout à la mise en forme du projet, à rendre l’ensemble cohérent, à transcender ce qui appartient au quotidien ou à l’ordinaire. Emmanuel Carrère est un habilleur, un tailleur virtuose qui rend le sordide et le pathétique sublimes par son acte d’écriture. C’est un créateur inspiré et extrêmement habile. Son style, fait de simplicité et de sensibilité ne laisse pas indifférent. Il sait parler aux gens et les faire se livrer, intimement.

Il en est de même avec la qualité de son travail de recherche préalable à l’écriture. Il sait de quoi il parle, car il a fait sien l’ensemble des éléments du dossier et interrogé tous les protagonistes de l’histoire, avec tact et respect.

Dans ce livre, il évoque la mort sous deux aspects. Le décès d’une fillette au Sri Lanka, victime du tsunami de 2004, puis la mort annoncée d’une jeune femme victime d’un cancer foudroyant. Ce rapport à la mort est un thème récurrent chez Emmanuel Carrère. Sa croyance en Dieu et ses propres interrogations l’y amènent naturellement, sans voyeurisme ou pathos inutile (lire sur le sujet son remarquable essai ‘Le Royaume’).

Hasard sordide ou volonté de l’écrivain, toutes deux se prénomment Juliette…Emmanuel Carrère va croiser le destin de ces deux personnes et, à ce titre, va relater ces évènements avec l’aide des familles concernées.

Ses conversations avec les parents et le grand-père de la petite Juliette sont émouvantes, de même que sont poignants les entretiens avec le mari et les parents de la grande Juliette. Je dois également parler d’Etienne, le collègue de Juliette qui entretenait une relation d’amitié profonde avec elle, cette relation permettant de transcender, de mettre en perspective la relation simple et affligeante de la maladie qui dévaste tout sur son passage.

Emmanuel Carrère nous offre une belle réflexion sur la vie, la mort, le sentiment d’avoir vécu pleinement une vie ou pas, le deuil et ce qui attend les proches une fois qu’on a disparu. Tout cela se mêle pour nourrir notre propre réflexion sur ces thèmes trop souvent galvaudés ou caricaturés. Cela se fait en douceur, avec onctuosité mais n’empêche pas les larmes du lecteur sensible et réceptif que je crois être.

Michelangelo 2016

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 11:45
Le serpent d'étoiles de Jean Giono

Conte ou réalité ? Dans cet ouvrage, tout s’enchevêtre et se mélange. La nature, le ciel et la Terre, les animaux et la végétation, la mer et les fleuves… L’homme règne en maître quand il est berger, l’homme est réduit à néant quand il n’entend pas les chants du Monde.

Tout commence par une rencontre entre le narrateur et les protagonistes de la transhumance dans les Alpes de Haute-Provence… Le narrateur (s’agit-il de Giono lui-même ? Rien ne l’atteste) va découvrir les liens immémoriaux qui unissent le troupeau, les bergers et la Nature. En point d’orgue, il va nous conter la nuit magnifique où tous les troupeaux et tous les bergers se retrouvent dans la montagne et procèdent à une veillée extraordinaire mêlée de théâtre, de musique et de poésie à l’état brut.

Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire dans ma critique des Vraies Richesses, ceci n’est pas un roman, pas un recueil de poésie, pas un essai. C’est du Giono. Il mêle adroitement mythe et réalité, conte et reportage, poésie et narration. Les arbres sont des personnages, les moutons agissent avec sagesse et savent reconnaître le bon grain de l’ivraie, l’homme bon de l’homme malveillant. Les bergers sont des acteurs et des poètes quand ils ne sont pas musiciens ou tout à la fois…

La grande fête de la transhumance racontée explose comme un hymne à la Nature et à la Vie. Les humbles ne sont pas humbles et les vraies richesses sont dans un équilibre parfait entre tous les éléments (Terre, Air, Feu, Eau).

Les thèses de Giono se trouvent une nouvelle fois démontrées et mises en avant avec le brio d’un génie de l’écriture.

Personnellement, je trouve juste que l’auteur en fait beaucoup, et ce beaucoup confine parfois au trop… Sensible à son discours, je trouve parfois sa poésie redondante et trop foisonnante au point de donner une forme d’indigestion poétique au modeste lecteur que je suis.

Son discours a peut-être un peu vieilli, ce qui le rendrait presque inaudible pour nos contemporains ? La mode porte pourtant à retrouver ces vraies richesses, mais elle les veut réactualisées et modernes, ce qui est paradoxal pour des valeurs authentiques et ancestrales défendues par Giono. Mais l’Homme moderne n’est pas à une contradiction près et moi non plus… Le Monde avance. Il court peut-être à sa perte. Les grands écrivains et poètes comme Giono nous rappelle la futilité des choses de ce monde et agissent en visionnaires pour qui sait lire entre les lignes.

Michelangelo 2016

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 10:52
Le Pays de la Liberté Ken Follett

L’action se situe au 18ème siècle, à l’approche de la Révolution française et de l’émancipation des colons américains. Mack est un jeune mineur écossais réduit, comme la plupart des familles modestes, à l’état de quasi-esclavage par une noblesse rurale dure et jalouse de ses droits immuables, les Jamisson. Il est rebelle et veut défendre la cause des mineurs.

Malgré cela, il est attiré depuis sa plus tendre enfance par Lizzy, belle fille noble et anticonformiste. L’amour qui naît viendra-t-il à bout du poids des convenances ? Lizzy saura-t-elle s’émanciper ? Pas si sûr en regard des écueils que dresse la fatalité sur leur chemin…

Mack s’évadera de la mine pour rejoindre Londres où il devra faire sa place. Malheureusement pourchassé par les Jamisson, et toujours aussi rebelle, il sera emprisonné et condamné à la déportation en Virginie où il devra effectuer sept années de travail forcé dans les plantations de tabac. C’est là qu’il va, après une traversée en bateau laborieuse, retrouver Lizzy. Sauront-ils s’aimer et accomplir un destin auquel leurs racines ne les avaient pas préparés ?

Ken Follett a l’art de construire de grandes fresques historiques où l’aventure le dispute à l’Histoire. Sa documentation est sans faille et ses descriptions parfaitement crédibles. Ce roman préfigure sa saga monumentale en trois tomes qui retrace les vies de familles anglaises, américaines, françaises et russes au travers du 20ème siècle (Le Siècle 1, 2 et 3).

Il nous emporte dans une époque où le vieux monde va chanceler et donner naissance à l’Amérique indépendante. On perçoit comme du Dickens dans cette description de l’Angleterre à l’aube du 19ème siècle et du Margaret Mitchell (Autant en emporte le vent), pour ce qui concerne la Virginie d’alors… On se sent parfaitement dépaysé et on dévore avec plaisir les pages de cette aventure hors du commun écrites simplement mais avec une plume alerte et sensible !

Lire du Ken Follett, c’est comme partir dans un rêve parsemé de cauchemars mais peuplé d’une humanité réjouissante et rassurante. On peut lui reprocher une forme de naïveté, un optimisme exagéré. Pour ma part, ces défauts sont largement contrebalancés par une réelle étude des mœurs et des psychologies sans faille.

Ses personnages ont une vraie densité et leurs émotions sont proches des nôtres. Le lecteur a donc tous les éléments pour s’identifier à eux selon son humeur. I se laisse porter par l’aventure car tout semble réel dans ce monde imaginé et onirique, mais oh combien vraisemblable. Peu importe alors les presque 700 pages… Quand on les a dévorées, on en vient à regretter qu’il n’y en ait pas plus, tant l’ensemble est parfaitement digeste et délicieux !

Michelangelo 2016

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 11:28
Puis-je vous dire un secret de Mary Jane Clark

Eliza Blake est une présentatrice de télévision au succès grandissant. C’est pourquoi, lorsque Bill Kendall, la star de la chaîne, décède tragiquement, c’est à Eliza que l’on propose le poste envié de présentateur du journal du soir. Les élections nationales, les intrigues et les luttes de pouvoir vont la déstabiliser et c’est grâce à sa grande énergie qu’Eliza va tenter de survivre au propre comme au figuré…

L’intrigue est assez bien menée, et le personnage d’Eliza ne manque pas de présence. Elle est tout à la fois forte dans le milieu professionnel et fragile dans sa vie personnelle où elle élève seule sa fillette Janie, secondée par une nurse si étonnamment compréhensive… Les autres personnages n’ont pas la même densité et jouent plutôt le registre de la caricature.

Le milieu télévisuel américain est parfaitement décrit et ressemble à l’idée que l’on peut s’en faire : arrogant, souvent cynique et prêt à tout pour obtenir le scoop ou le poste envié.

Malgré tout, ce roman pêche par son rythme lent, ses détours lourds et inutiles et son manque de réel suspens. Pendant plus de la moitié de sa lecture, on attend de connaître ce qui va faire de ce roman autre chose qu’un reportage sur le monde de la télévision, la disparition de Bill Kendall peinant à apparaître comme peu naturelle, ce dernier élément, on s’en doute, devant lancer l’intrigue…

Néanmoins, le style est agréable, facile et l’auteure très professionnelle sait éviter ce qui pourrait décourager le lecteur au point d’abandonner le livre en cours de lecture. C’est un assez bon travail de romancière, alors même que son roman sera vite oublié par la suite.

Michelangelo 2016

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 12:15
La fosse aux louves de Bertrand Carette

Dans la majestueuse et bucolique région de la Brenne, faite de forêts profondes, d’étangs et de fermes ancestrales, un drame familial va se nouer.

Hélène est une riche et belle propriétaire cinquantenaire propriétaire du domaine la fosse aux louves, avec sa fille Virginie, belle jeune femme solitaire et mère de deux fillettes adorables. Virginie a de fidèles amis qu’elle côtoie depuis sa plus tendre enfance, Alexandre, Damien et Elise. Tout semble aller pour le mieux dans ce paysage merveilleux où l’élevage de chevaux de Virginie rassemble toutes les bonnes volontés et stimule les amitiés.

C’est sans compter sur la bassesse de l’oncle Antoine, envieux et accablé de tous les vices. Il va porter plainte contre la belle Hélène qui devra se défendre d’avoir voulu empoisonner sa vieille tante Elisabeth quatre ans plus tôt et d’avoir capté son immense héritage à son seul profit…

Antoine a des atouts entre les doigts et va mener son affaire avec toute la subtilité d’un individu retors et prêt à tout pour l’emporter. En cela il est parfaitement secondé par le notaire véreux, Maître Vireuse, qui, comme son nom l’indique, n’est pas à une malversation près. Et que dire de ce petit juge d’instruction en quête de gloire et de reconnaissance, Clovis Bertineau ? Son comportement parfaitement abject rivalise de malhonnêteté avec celui d’Antoine et de Vireuse, tous trois faisant partie de la même loge maçonnique…

Il faudra toute la ténacité des amis et avocats d’Hélène pour déjouer les pièges tendus et le retour de l’ancien amant éconduit et désormais célèbre musicien Tristan de l’Escuyer de la Papotière pour mettre fin aux silences dans lesquels les secrets de famille sont maintenus depuis trop longtemps.

Ce roman aux nombreux personnages ferait un téléfilm correct par son mélange de bons sentiments, de perversités, de beaux décors et de caricatures. Hélas, en tant que roman, s’il reste assez agréable à lire, il laisse le lecteur que je suis sur sa faim. Les situations sont convenues, les personnages prévisibles et l’intrigue cousue de fil blanc… Bertrand Carette n’a pas ménagé ses efforts pour mettre en valeur sa région parfaitement magnifiée. En revanche, il a cédé à la facilité en proposant des situations qui laissent un sentiment de déjà-lu assez désagréable.

Je l’ai pris comme tel. J’ai lu cet ouvrage avec le recul que l’on peut manifester à l’égard d’une saga paresseusement filmée, c’est à dire avec l’œil distrait et pas du tout attentif de celui qui veut oublier sa dure journée sans pour autant s’investir dans une activité qui demanderait concentration et effort… Et j’ai parfois été un peu ému, tout aussi paresseusement, au premier degré, ce degré qui fait que l’on peut se laisser aller aux bons sentiments sans pour autant perdre son esprit critique.

Je remercie néanmoins les Presses de la Cité de m’avoir offert ce roman contre une critique objective.

Michelangelo 2016

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 11:06
Tu es moi de Edmonde Permingeat

Tout commence par un thriller, un peu à la manière d’un roman de Patricia Macdonald. Zoé fréquente un jeune voyou, Léo. Ils trouvent sur Facebook une jeune femme riche, Noëlie, qui étale sa vie sur Internet. Détail incroyable, Noëlie ressemble comme deux gouttes d’eau à Zoé ! Léo imagine alors un plan diabolique : kidnapper Noëlie afin que Zoé prennent sa place… La jeune Zoé devient alors mère de famille et épouse d’un homme très séduisant. Mais les choses ne se présentent pas exactement comme prévu et tout va dérailler…

Si tout commence effectivement comme un thriller très classique, la tournure de l’intrigue nous entraîne doucement vers une romance familiale où les sentiments l’emportent avec un point culminent dans les cent dernières pages où l’on a vraiment l’impression d’avoir changé de registre.

Ce n’est pas un défaut rédhibitoire dans la mesure où l’ouvrage est très agréable à lire avec des personnages bien campés bien qu’un peu caricaturaux. Le style et le rythme imposés par l’auteur permettent de passer un agréable moment, même si la longueur de plus de cinq-cents pages aurait pu être raccourcie, de mon point de vue.

Ce roman a été récompensé par le Prix des lecteurs France-Loisirs en 2015. Cela correspond certainement à une réelle qualité que je ne remettrai pas en cause. Edmonde Permingeat a toutes les qualités pour devenir une romancière populaire remarquée et remarquable. Elle apporte au lecteur une vision du monde idéalisée avec beaucoup de bons sentiments. C’est réjouissant, d’autant qu’on effleure sans danger ni conséquence les travers de l’humanité sans sombrer.

Michelangelo 2016

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 11:20
Délivrance de Jussi Adler Olsen

Je viens de terminer mon premier Adler Olsen... Pour moi, il possède toutes les caractéristiques romanesques des bons écrivains de polars nordiques très en vogue depuis une bonne décennie (norvégiens et islandais en particulier). On retrouve en chacun ce rythme assez lent, cette froideur d’investigation et cette espèce de force surnaturelle qui sont autant de marqueurs pour ces auteurs issus de pays soumis à un climat exigeant où la nuit l’emporte si souvent sur le jour. Pourtant, chaque fois, la dimension humaine est chaude et souvent réconfortante, les personnages attachants, les intrigues tirées au cordeau.

L’enquête du commissaire Morck commence quand une mystérieuse bouteille retrouvée en Ecosse atterrit sur son bureau à Copenhague. L’énigmatique et ancien message qu’elle contient va l’entrainer, lui et son équipe, dans un périple audacieux auprès de sectes religieuses de tous poils…

On remarquera au passage l’énorme travail de documentation de l’écrivain qui rend ces milieux sectaires, très fermés par définition, plus vrais que nature.

On admire également la vraisemblance des membres de son équipe pourtant tellement improbable : Rose, la jeune femme hystérique et schizophrène, Assad, équipier syrien à la silhouette improbable, au phrasé approximatif. Ils ont un point commun, ils sont tous deux d’une extrême efficacité !

Quant à l’inévitable tueur en série d’un genre particulier, il est parfait (trop parfait ?). Cynique, froid, sans sentiments véritablement humains, calculateur et ingénieux. Il n’y a qu’une chose qu’il ne maîtrise pas, le hasard…

Ce roman à succès ne m’aura pas laissé indifférent. Il est original, bien écrit et avec une vraie densité des protagonistes. Juste un petit bémol. La longueur de l’intrigue. On est parfois à deux doigts de l’ennui. Heureusement, l’auteur passe la vitesse supérieure sur les deux-cents dernières pages, rendant la lecture enfin addictive ! C’est probablement la longueur excessive de 680 pages du roman qui est à l’origine de ce travers. On a l’impression que l’enquête n’avance pas et que l’on se perd en tergiversations inutiles… Malgré tout, je suis prêt à recommencer l’expérience avec d’autres enquêtes du commissaire Mork !

Michelangelo 2016

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