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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 09:13

Innocents.jpgQui n’a connu, une fois dans sa vie, le vertige causé par les photos familiales anciennes et jaunies que l’on regarde, étourdi par tant de mystères à peine dévoilés dans les regards de ces personnages définitivement figés et qui pourtant semblent nous regarder, de là-bas, de ce passé oublié et pourtant si proche ?  

 

Jean-Pierre Milovanoff l’a fait dans ce livre où Victorin raconte à un certain Milanoff ( ! ) la vie de ses ancêtres les plus remarquables dont la généalogie nous fait traverser le 20ème siècle.

 

Il y a Saturnin, le voleur de chevaux, Cellini qui connut quatre ou cinq vies, Baptistine la plus belle femme d’Istanbul, Rosalie, la mère de Saturnin,  et bien d’autres…

 

Le mérite de Jean-Pierre Milovanoff est d’avoir brillamment ressuscité tous ces personnages dans les confidences à demie-voix d’un conteur merveilleux, attachant, émouvant et pourtant non dénué d’humour. La mélancolie est là, présente et nous offre tout le bonheur qu’on peut éprouver quand le moment perdu devient par la magie du récit l’instant retrouvé.

 

Un vrai bijou littéraire parfaitement ciselé, au style travaillé et toujours fluide.

 

Jean-Pierre Milovanoff a déjà collectionné les prix littéraires (Goncourt des lycéens, Prix des libraires, etc.), et je vous engage, comme moi, à lui donner une meilleure place dans vos lectures si ce n’est déjà fait.

 

MichelAnge, février 2004

 

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 09:53

La marque de Winfield

De Ken Follett

 

Ken Follett nous a émerveillés en recréant l’atmosphère moyenâgeuse dans sa fresque Les piliers de la terre. Dans  La marque de Winfield il nous plonge avec son savoir-faire d’historien et sa plume talentueuse au cœur de l’Angleterre victorienne.

Plusieurs élèves du collège huppé de Winfield vont voir leur destin scellé un beau jour de juin 1866 en devenant les témoins de la noyade de l’un eux.

Edward le riche héritier, Hugh le cousin pauvre et rejeté de la famille depuis que son père, victime d’un crash bancaire s’est pendu, Miranda le fils d’un riche et mafieux sud-américain, Augusta la femme perverse, Maisie l’ancienne prostituée, et tant d’autres personnages criant de vérité, vont être tour à tour les instigateurs et les victimes d’un drame qui déroule ses fils inexorablement au long des années et des pages.

Le pouvoir, les finances, la débauche et les affaires de famille vont  se mêler dans un Londres à l’ambiance fin XIXème très réaliste et passionnante : à certains moments, on sent un peu du souffle de Zola ou de Balzac ! La Fortune des Rougon ou Le père Goriot ne sont pas loin. Sans en faire l’égal, Ken Follett a  pour le moins saisi la magie qui permet à un roman de se placer largement au-dessus du lot ! Merci à lui pour les heures de bonheur qu’il nous procure à la lecture des quelques six cents pages de cette oeuvre.

 

Michel ANge novembre 2004

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 08:13

Le bateau du matin

 

de Lorraine Fouchet

 

Robert Laffont, Best sellers

 

bateau matin

Lorraine Fouchet aime montrer le destin en action dans un univers bien identifié. Dans L'agence, souvenez-vous, les héros se coltinaient à leur destinée dans le Gers typique et dans Le phare de Zanzibar, les protagonistes habitent Etel, dans un phare situé dans un village breton. Cette fois, il s'agit d'amoureux de la mer, amateurs ou habitués dont les destins vont se croiser sur l'île de Groix. Tout paraît les séparer, et pourtant les coups successifs du hasard vont les réunir pour un dénouement final attendu car inéluctable.

 

Eva apprend qu'un père est mortel et toute à sa douleur, révoltée contre ce coup du destin, elle se laisse entraîner dans la spirale de la vengeance et de la colère. Erlé, breton solidement enraciné dans le terroir va concentrer sur lui toute la haine d'Eva. L'amour qu'il éprouve pour elle sera-t-il le plus fort ?

 

Que pourra faire Zaka, jeune et belle maghrébine qui doit être mariée de force ? Que peut-on attendre de Gildas, l'interne de l'hôpital  dont le père refuse l'existence ?

 

L’île de Groix est elle-même un personnage et induit, d’une certaine façon, les réactions des personnages qui s’y rendent.

 

Lorraine Fouchet a réuni pour notre plus grand bonheur tous les ingrédients d'une fameuse recette dont elle a le secret. A vous de déguster...

 

Comme Eva, chacun de nous aspire à une vie sans monotonie, colorée, faite d'amour, de joies et d’amitiés... Lorraine Fouchet vous fait entrevoir au travers de ses personnages de papier un peu de ce rêve-là.


MichelANgelo 2004

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 08:50

Effroyables jardins

Michel Quint

 

La mort est un clown triste et grimaçant. Elle se joue des humains qui tentent de survivre sur la piste de la vie. La mise en scène est parfois diabolique et terrible, comme dans le roman de Michel Quint.

Le narrateur parle de son père, de la honte qu’il éprouve pour cet individu lorsqu’il se déguise en clown pour amuser la société avec ses farces éculées et son maquillage outrancier.

Pourtant, un jour, le meilleur ami de son père va lui raconter simplement, avec pudeur et tendresse les raisons qui ont poussé cet instituteur à célébrer un épisode crucial de sa vie de résistant en portant l’habit de clown.

Cet hommage répété sans fin s’adresse évidemment à ce soldat allemand qui tenta avec un certain succès d’apaiser leurs souffrances d’otages.

Plus largement, comme faisant écho à Chaplin qui tourne en dérision Hitler dans son film Le dictateur en faisant de lui un clown bien pathétique,  Quint adresse à l’humanité le signe palpable et inspiré de sa propre folie renvoyé  par cet instituteur grimé de façon grotesque et pourtant si touchant.

Alors que dans les jours à venir, l’hommage rendu par la nation aux morts de 14-18 laissera les consciences satisfaites du devoir de mémoire accompli dans le rituel devenu banal parce que  traditionnel, il me paraît tout indiqué d’enrichir et prolonger sa propre réflexion sur la guerre en lisant cet ouvrage essentiel.

 

MichelANge octobre 2004

 

PS : Le film de Jean Becker avec Villeret et Lhermitte tiré du roman de Michel Quint, bien qu’agréable à suivre, est bien loin d’ouvrir sur les horizons esquissés par l’oeuvre romanesque.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 16:06

Aux fruits de la passion de Daniel Pennac

 

Avec le printemps vient souvent l’idée d’accorder ses lectures à la légèreté du temps. Je n’échappe pas à la règle et de retour de week-end pascal, je vous propose un roman de Pennac.

Aux fruits de la passion reprend les personnages d’Au bonheur des ogres, La fée carabine, La petite marchande de prose et en conserve tout l’humour et l’impertinence légère qui fait de Pennac un excellent auteur des saisons insouciantes.

Le chef de la tribu Malaussène est confronté avec les siens au coup de foudre de sa prude sœur Thérèse avec le comte Marie-Colbert de Roberval, homme politique en fait peu recommandable… Chacun va s’évertuer à sortir Thérèse de l’enchaînement d’évènements malheureux et tragiques qui vont émailler cette relation contre nature.

De moments croustillants en péripéties joyeuses ou étonnantes, on dévore ce livre comme un fruit de la passion… Merci à Daniel Pennac qui émerveille les petits au travers de la littérature jeunesse et  régale les grands avec ses romans légers et pleins d’enseignements sur la nature humaine !

 MichelANge

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 14:14

Les dieux voyagent toujours incognito de Laurent Gounelle

 

Quand on est désespéré et qu’au bord du gouffre quelqu’un vous tend la main, que faire d’autre si ce n’est l’accepter… Mais parfois l’aide apportée impose des contreparties… C’est ce qui arrive à Alan Greenmor alors qu’il est prêt à se jeter dans le vide du deuxième étage de la Tour Eiffel !

Sa rencontre salvatrice avec le fortuné et énigmatique Yves Dubreuil va l’entrainer contre son gré sur le chemin de la reconstruction au travers d’épreuves toujours plus compliquées à réaliser. Alan Greenmor va petit à petit retrouver l’estime de soi qui est indispensable pour trouver sa vraie place dans la société humaine.

Mais ce cheminement est pavé d’interrogations, de surprises, voire de déconvenues et de coups de théâtre.

Le propos de Gounelle va au-delà de la simple exposition factuelle et devient leçon de vie. De part sa formation en sciences humaines et philosophie, il nous livre quelques ficelles pour vaincre nos peurs et nos préjugés…

Au final, ce roman mérite tout le succès obtenu, tout comme son désormais célèbre « L’homme qui voulait être heureux »

 

Michel ANge 2012

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 10:31

L’homme inquiet d’Hennig Mankell

 

Je viens de terminer la lecture de la dernière enquête du commissaire Wallander. Pardoxalement, c’est le premier roman de Mankell que je lis. Que n’ai-je eu tort ! En effet, ce qui m’a poussé à acheter ce livre, un peu par hasard, c’est le bandeau qui indiquait que celui-ci faisait partie de la sélection du meilleur polar 2012 des éditions Points… Aussi parce que la découverte des polars à la suédoise m’a souvent apporté de beaux moments de lecture (Stieg Larsson et ses Millénium, ou encore Camilla Läckberg)…

Pourtant le sujet n’est pas un de ceux que je préfère, loin de là. L’intrigue est basée sur des faits historiques, de guerre froide et d’espionnage… J’ai toujours trouvé cela rébarbatif… Affaire de goût !

Néanmoins, très vite, on entre dans un univers humainement très dense et on éprouve rapidement une grande sympahtie pour ce vieux commissaire plein d’humanité.

En fait, l’homme inquiet du titre, c’est lui. Il se sent vieillir, il a peur de la mort qui se rapproche inéluctablement et ses pertes de mémoire ne font rien pour arranger les choses…

Le style est alerte, les évènements se succèdent à grande vitesse, pourtant on sent le poids du temps sur l’intrigue. Les personnages sont attachants, fragiles et forts à la fois.  Les paysages suédois sont très présents, au point que ça donne envie d’aller là-bas !

Si, comme moi vous aimez les romans policiers à la suédoise (il y a bien un style suédois !), lisez Mankell ! Evidemment, ne faites pas comme moi. Commencez par le début, c’est à dire les premières enquêtes !

 

Miche Ange 2012

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 21:16

La femme en vert, de Arnaldur Indridason

 

Arnaldur Indridason est un auteur islandais dont la qualité d’écriture est indéniable. D’autre part, les thèmes qu’il aborde dans cette enquête sont traités avec beaucoup d’intelligence et d’humanité.

L’enquête du commissaire Erlendur Sveinsson doit permettre de connaître l’identité du squelette découvert enterré sur la lande islandaise, dans la grande banlieue de Reykjavik.

L’auteur nous emmène dans le passé, à une époque où la violence conjugale est un fait nié par une société dominée par les hommes. Il nous montre comment cette violence physique, mais aussi et surtout mentale, peut détruire une épouse et mettre en danger l’équilibre mental des enfants qui la vivent au quotidien…

Les faits sont bruts, ils ne sortent pas de l’ordinaire de la vie, car c’est la vie telle qu’elle s’exprime hors de tout artifice d’écriture à sensation ou d’effets spéciaux (ce qu’on lit ou voit au cinéma trop souvent actuellement).

Les personnages sont authentiques, de l’inspecteur un peu paumé dans sa vie au tortionnaire  machiavélique, aux innocents blessés dans leur chair et leur âme.

Mais, comme sur la rigoureuse lande islandaise ballottée entre rudesse de l’hiver interminable et chaleur réconfortante de la belle saison, dans le cœur des plus malheureux des humains la petite flamme de l’espoir est prête à scintiller de nouveau.

J’ai aimé ce livre. Je comprends qu’il ait reçu 3 prix à sa sortie. Je vous en conseille vivement la lecture. Marie a eu la très bonne idée de me l’offrir ! C’était un merveilleux cadeau car il est inestimable.

 

Michel Ange 2012

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 08:50

Le Papillon des étoiles

Bernard Werber Albin Michel

 

Le voyage interstellaire pose le problème de la durée. Le trajet s’exprime en siècles. Cela pose évidemment un écueil de taille à Yves Kramer qui a découvert une planète probablement habitable dans la périphérie de notre plus proche étoile située à…deux années lumière, soit un voyage d’environ un millénaire ! Pourtant, ce savant précurseur conscient des ravages irréversibles causés par l’humanité à la planète Terre va s’allier à l’homme le plus riche du moment pour tenter l’expédition fantaisiste. Le vaisseau de l’espace sera un voilier propulsé par l’énergie de la lumière et sera piloté par une navigatrice désespérée parce que rendue infirme à la suite d’un terrible accident dont Yves Kramer est responsable.

Chacun a de bonnes raisons de se lancer dans ce projet rédempteur au nom de l’humanité, alors même que l’entreprise semble aussi dérisoire qu’inaccessible. Ce qui compte, c’est avant tout d’envisager cette colonisation humaine comme le dernier espoir de survie de la seule collectivité intelligente connue de l’Univers.

Le Dernier Espoir, c’est la Fuite ! préconisera Yves Kramer.

Bernard Werber propose un roman efficace, comme à son habitude. Il renoue avec son sens du grandiose, de l’épique. Il a évité le piège de faire la énième écriture d’un thème de science fiction trop classique en transcendant le sujet de façon assez magistrale. Le style est alerte, comme aux meilleurs moments werberiens, et l’ensemble devrait séduire ceux qui aiment sentir leur conscience interpellée au détour d’une phrase ou d’un paragraphe tout en se délectant du plaisir de lire un bon roman !

 

Michel ANge avril 2007
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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 09:41

Déviances, de Richard Montanari

 

Les bonnes recettes font les bons livres, c’est bien connu ! Comme d’autres avant lui, Richard Montanari met en scène un vieux flic désabusé et tourmenté avec une jeune recrue motivée. En toile de fond, Philadelphie et ses excès en tous genres où sévit un serial killer particulièrement pervers. Ses victimes sont de jeunes filles d’écoles catholiques qu’il  soumet à un rituel abominable, des mises en scène monstrueuses dont le sens échappe à l’observateur ordinaire, subjugué par la cruauté gratuite érigée en véritable spectacle.

C’est ce rituel que les deux policiers vont devoir percer pour mettre la main sur l’assassin. Mais ils devront payer de leur personne et régler au passage quelques comptes personnels avant d’obtenir le droit d’accéder à la vérité.

Richard Montanari signe un très bon roman noir dans la lignée des Connelly et Ellroy. A mon avis, il se rapproche beaucoup de Patricia Cornwell dans la façon de traiter son intrigue et ses personnages… A déguster pendant les vacances !

 

Michel ANge juillet 2007
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