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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 19:19

PREMIER_HOMME.jpgEtrange sensation quand on referme ce roman inachevé, édité dans l’état en 1994, alors qu’on a retrouvé les feuillets intacts dans la valise de Camus après son accident mortel en 1960… On ne peut que se trouver ému et plongé dans un tourbillon de pensées où une certaine forme de nostalgie le dispute à une stupeur  véritable…

Le premier homme raconte la vie difficile de Jacques Cormery dans le quartier pauvre d’Alger où vit sa famille. Son père est mort un an après la naissance de Jacques dans les premiers affrontements de la guerre 14-18 et est enterré dans la Manche, au cimetière militaire.

Elevé par sa mère et sa grand-mère, l’une discrète, invisible et analphabète, l’autre autoritaire et dure, Jacques va manifester une rage de vivre, d’aimer et de comprendre qui l’aidera à devenir un adulte lucide et accompli. En cela, il est aidé par son instituteur, Monsieur Bernard, qui le prend en affection, alors que sa propre mère ne sait pas comment l’aimer, et le fait entrer au lycée, seul lieu d’émancipation pour un enfant pauvre mais brillant.

Les évènements relatés sont indissociables de l’environnement algérien que Camus connait si bien et influe si fortement sur la psychologie des gens qui le subissent. Comment ne pas penser à « L’étranger » et l’influence du terrible soleil algérien sur les actes des hommes et l’histoire de ce pays meurtri ?

Largement autobiographique, ce manuscrit incomplet, mais pourtant très dense,  reflète pleinement la personnalité de Camus. Victime d’un destin malheureux, il nous livre contre son gré un témoignage posthume d’une force peu commune. Et l’on comprend un peu comment sa sublime pensée s’est forgée dans les aléas d’une vie enfantine difficile et paradoxalement tellement riche.

Citation : « Ainsi, pendant des années, la vie de Jacques se partagea inégalement entre deux vies qu’il ne pouvait relier l’une à l’autre. Pendant douze heures, au son du tambour, dans une société d’enfants et de maîtres, parmi les jeux et l’étude. Pendant deux ou trois heures de vie diurne dans la maison du vieux quartier, auprès de sa mère qu’il ne rejoignait vraiment que dans le sommeil des pauvres. […] A personne en tout cas, au lycée, il ne pouvait parler de sa mère et de sa famille. A personne dans sa famille il ne pouvait parler du lycée. »

MichelANgelo 2013

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 10:53

51oMm0MPq6L._SL160_.jpgCéline est d’ailleurs paysanne du Morvan, pauvre et mal mariée à un personnage douteux, quelque peu alcoolique et intéressé.  Armée de bon sens et de quelques connaissances, elle monte à Paris pour faire des sous en 1888. Pour faire des sous à cette époque, on fait  Nounou et on allaite pendant une bonne année la progéniture de la bourgeoisie parisienne !

 

Ce sera pour Céline l’occasion de découvrir l’amitié, l’amour, le pouvoir, la puissance de l’argent, à l’ombre de la Tour Eiffel en construction pour l’Exposition universelle  de 1889.

Les petits drames croisent les grandes ambitions et tout cela sent l’univers des romans de Zola à pleines pages. C’est bien écrit (Michel Jeury n’est pas le premier venu et il a déjà brillé comme auteur de science fiction), même si l’écriture est un tantinet rétro. Si vous avez déjà pris du plaisir à lire les grands auteurs de la seconde moitié du 19ème siècle, vous vous plongerez avec délectation dans cet univers au teint volontairement sépia ! J’ai vraiment beaucoup aimé…

A bientôt, et bonne rentrée à tous !

 

M-A, août 2002

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 10:35

41tEBOBCxBL._SL160_.jpgSaffie, jeune allemande, débarque à Paris en 1957. Très marquée par la guerre, elle est complètement fermée au monde et repliée sur elle-même. Elle s’installe chez le beau et riche Raphaël comme femme de ménage. Lui, subjugué par cette femme aussi belle qu’étrange, va en tomber amoureux fou au point de la demander en mariage au bout de trois semaines. A cela s’ajoute la venue d’un enfant non désiré de prime abord, Emil.

Commence alors un pénible travail de reconstruction qui va emprunter des chemins peu ordinaires, car Saffie va rencontrer l’homme de sa vie en la personne de Andràs, juif hongrois également émigré. Ce coup de foudre va déclencher une succession de faits qui vont mener vers des destins tragiques.

Nancy Huston prend grand plaisir, me semble-t-il, à mêler la vie de ces héros avec l’histoire complexe de la France de cette période, pays convalescent de la 2ème guerre mondiale et délibérément engagé dans la crise algérienne qui devient une guerre sans le dire… Elle montre comment le destin des nations influe sur le destin des hommes, même les plus humbles. Son propos est touchant à certains égards et interpelle le lecteur, d’autant que le parti-pris du narrateur fait parfois de lui son confident.

En définitive, ce roman est bon sans être à la hauteur de « Ligne de faille » ou « Cantique des plaines, instruments des ténèbres » qui ont tous deux reçu des prix bien mérités. Toutefois, si l’on aime Nancy Huston, il serait dommage de faire l’impasse sur cet ouvrage.

 

« Rien ne presse. Ils baignent dans leur temps, ensemble. Andràs n’a pas d’horaire ; il peut travailler la nuit quand il le faut, et dormir le jour. Saffie, dès qu’elle traverse le pont des Arts, n’est plus Mme Lepage, l’épouse du grand flûtiste (rôle qu’elle endosse avec soumission et même une certaine grâce désormais, lors des concerts de gala et des dîners en ville avec Raphaël) ; elle entre, toute, dans l’univers de son amour »

 

MichelANgelo 2013 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 14:09

cvt_La-Chute_2888.jpegJean Baptiste Clamence est un bourgeois qui s’aime et pratique l’altruisme non par générosité mais pour recevoir l’estime de tous. Avocat de métier, il montre une forme de cynisme qu’il peut développer dans ses plaidoiries. Sûr de lui, de ce qu’il montre à voir, il en viendra pourtant à s’effondrer littéralement lorsqu’un fait terrible va gangréner sa pensée bien huilée… Une jeune fille se moie dans la Seine en se jetant d’un pont alors que lui, témoin de la scène, va suivre son chemin.   A partir de ce moment, rongé par le remords, il va faire « l’état des lieux » et porter sur lui-même et l’humanité un regard différent et terriblement dérangeant. Il laisse derrière lui sa brillante carrière pour atterrir à Amsterdam, dans un café miteux du port où il se décrètera juge-pénitent !

Ce  long et faux dialogue avec un interlocuteur silencieux mais que l’on devine très attentif permet à Clamence de « vider son sac », d’avouer ses fautes sans en attendre la moindre absolution. Car nous en sommes tous là : fragiles et désespérés, victimes et coupables à la fois. Cette vision est cruellement vérifiable, selon Clamence. L’homme doit accepter autant sa face sombre que sa face lumineuse.

Le style de Camus est vif, riche et complexe à la fois. Il fait parler un avocat qui, métier oblige, manie la langue avec dextérité… C’est un régal de bons mots et de phrases justes qui nous dégustons avec autant de bonheur que de malaise à l’encontre d’un discours qui nous prend aux tripes, tant il est puissant, authentique et porteur de vérités pas toujours bonnes à entendre, alors que nous vivons dans le petit confort que nous avons construit autour de nous, pétri de certitudes et de pensées complaisantes à notre propre égard.

Camus est un éveilleur de conscience, des consciences ! En cela, il reste irremplaçable.

 

« Sans doute, je faisais mine, parfois, de prendre la vie au sérieux. Mais, bien vite, la frivolité du sérieux lui-même m’apparaissait et je continuais seulement de jouer mon rôle, aussi bien que je pouvais. Je jouais à être efficace, intelligent, vertueux, civique, indigné, indulgent, solidaire, édifiant… Bref, je m’arrête, vous avez compris que j’étais comme ces hollandais qui sont là sans y être : j’étais absent au moment où je tenais le plus de place. »

 

MicheANgelo 2013

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 15:02

cvt_NOublie-pas-detre-heureuse_1796.jpegMaria-Lila est une très jeune fille qui vit avec ses parents à Fédala, au Maroc, entre terre et mer, sous le soleil et le ciel bleu. Loin de tout et des fureurs de ce monde, elle grandit avec son amie Sofia, alternant baignades, jeux, rêveries et premiers flirts…

Son père est souvent absent mais influe beaucoup sur sa fille par son empathie et ses sentences qui font mouche : « N’oublie pas d’être heureuse, ma fille ! ».

Sa mère est aimante mais elle est si résignée à ne vivre qu’à l’ombre des eucalyptus !

La cousine Fifi, pimpante blonde émigrée à Paris et qui revient régulièrement au Maroc en vacances lui fera miroiter des perspectives de vie plus enthousiasmantes. Maria-Lila décidera de devenir une snob pour suivre son modèle, mais sans réellement savoir ce que cela signifie, juste parce que c’est une voie différente…

Après avoir réussi son baccalauréat, elle embarque pour Paris où, avec Fifi, elle va découvrir un monde différent mais souvent cruel, réalisant ainsi que le bonheur perdu se trouvait à Fédala.

Ce roman qui résonne un peu comme une autobiographie, est teinté de nostalgie pour un passé révolu où le bonheur existe à chaque instant sans qu’on le perçoive. Quand on se trouve déraciné, apparaît alors le manque de ces moments heureux.

L’écriture est simple autant que profonde. Les répliques font mouche. L’humour côtoie les manifestations de la tristesse ou de la peine lorsque Maria-Lila perd des êtres chers.

La transformation va coûter cher à Maria-Lila. Pas le prix du reniement, juste la somme à payer pour passer à l’âge adulte quand on a eu une enfance heureuse et insouciante… Cette mutation inévitable se fera dans la douleur. Mais c’est un mal nécessaire pour se tourner vers l’avenir sans renier les siens et son passé.

En somme, ce court roman est une leçon de vie dans lequel chacun se reconnaitra un peu… Inutile de préciser que j’ai beaucoup aimé !

 

Citations :

 

« Dieu m’avait domiciliée à Fédala. Je devais y rester. Peu de gens admettent les changements. Surtout lorsque eux-mêmes n’ont pas osé. »

 

« Il y a toujours une partie de soi qui attend autre chose. Personne n’est complètement là où il est. Mais j’ai connu le bonheur, je le sais maintenant. »

 

MichelANgelo 2013

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 12:03

LAnalphabete-qui-savait-compter.jpgPour son malheur, Nombeko est une petite fille noire née dans un ghetto d’Afrique du sud en plein apartheid. Pourtant, elle dispose de qualités intellectuelles hors pair et se sortira du marasme dans lequel elle se trouve engluée par la seule force de son intelligence.  Toutefois, elle devra affronter bien des individus retors pour, au final et après bien des années, arriver à ses fins.

Au passage, elle fera la connaissance d’un ingénieur raciste et alcoolique, de trois jeunes chinoises versées dans la contrefaçon, de deux frères jumeaux suédois aussi dissemblables qu’improbables, de deux espions israéliens caricaturaux, du roi et du premier ministre suédois et du Président de la République de Chine, et j’en passe… Elle devra aussi faire disparaitre une bombe atomique de trois mégatonnes bien embarrassante et cultivera des pommes de terre !

Jonasson reprend dans son roman les ficelles qui avaient fait le succès de son best-seller « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » pour hisser son intrigue à un niveau paroxysmique complètement délirant. Les situations loufoques se succèdent à  un rythme démentiel et on est toujours à la limite qui nous ferait dire : Là, c’est trop ! C’est du délire pur et simple ! Pourtant,  l’humour débridé n’est pas dénué d’un certain regard sur nos sociétés actuelles et on lui pardonne ses excès. Il met à mal les préjugés qui gangrènent notre monde et porte un regard compatissant sur l’humanité façonnée de défauts autant que de qualités.

L’écriture manque parfois d’application, mais c’est peut-être délicat de soigner un style où les évènements se succèdent à une vitesse supersonique !  Voilà somme toute un bon roman pour qui souhaite se dépayser et sortir des sentiers battus. Néanmoins, il faudra que Jonasson envisage d’aborder des thèmes et des manières d’écrire différents pour qu’on n’ait pas le sentiment de relire un peu toujours la même histoire avec juste des lieux et des personnages différents…

 

MichelANgelo 2013

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 15:31

Completement-crame.jpg A 66 ans, Andrew Blake mène son entreprise londonienne avec brio. Pourtant, veuf inconsolé, il va décider de faire un « break » et de prendre une place de majordome dans un beau manoir français, taisant évidemment son parcours…

Il va faire la connaissance d’une propriétaire dépressive, d’une cuisinière explosive, d’une jeune femme de ménage amoureuse, d’un régisseur original et décalé, mais aussi d’un chat énigmatique nommé Méphisto !

Son flegme très british, son grand sens de l’humour et son empathie naturelle vont pousser chacun dans ses retranchements. La déstabilisation qu’il va provoquer va amener chacun des protagonistes à évoluer, tout comme lui-même trouvera les réponses à ses propres questionnements existentiels.

Hymne à l’amour, au dépassement de soi, ce roman pas si anodin qu’il y paraît fait bouger les lignes et va entraîner le lecteur dans une cascade de rires et d’émotion.

Ce qui est notable, c’est cette facilité avec laquelle l’auteur nous impose une implication totale au point qu’il est très difficile de lâcher cet ouvrage quand on a entamé sa lecture.

Cela tient principalement à la construction romanesque très filmographique où les chapitres sont comme autant de scènes filmées qui maintiennent en haleine et empêchent le lecteur de se distancier par rapport à l’intrigue qui n’est plus strictement linéaire mais présentée sous forme d’un patchwork coloré et envoûtant. On se sent comme happé dans cet univers coloré à la fois joyeux et triste comme on le serait dans un bon film où nos propres sentiments et regard sur le monde prendraient régulièrement le pas sur le jovial ou le pathétique des évènements.

Une vraie réussite où nouveauté de ton et rigueur de construction démontrent le talent de cet auteur issu du roman policier ! Bravo !

« On dit souvent que les yeux sont les fenêtres de l'âme. Les gens se caressent, se touchent, mais il faut beaucoup de confiance pour que quelqu'un vous laisse l'observer droit dans les yeux aussi longtemps que vous en avez envie. A ce moment-là, vous n'entendez pas seulement ce qu'il veut bien vous dire, vous voyez ce qu'il est vraiment. » 

MichelANgelo 2013

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 12:42

Je-tapporterai-des-orages.jpgJosé est une jeune femme révoltée. Mariée trop tôt, elle s’enfuit pour se réaliser. Elle fait de multiples rencontres alors qu’elle prend une place de fille au pair dans une riche famille bourgeoise parisienne. Toutes les conventions vont exploser avec elle. Elle finira par suivre le beau et ténébreux François, homme peu recommandable aux activités aussi louches que délictueuses. Son amour pour lui l’entraînera dans un maelström virevoltant et pas très conventionnel. Cette jeune femme va se chercher jusqu’à se trouver enfin.

Voilà un très beau roman bien construit, insolent et vif. Le style est agréable et l’on suit avec intérêt les tribulations de cette José attachante tout en espérant qu’elle va, au final, trouver cet équilibre indispensable à son bien-être.

 

Dans ce roman plutôt féministe,  Geneviève Dormann tisse une toile sociale aussi véridique que désespérante. Mais l’espoir reste en filigrane et cette quête du bonheur à tout prix nous appartient à tous. C’est peut-être un peu ça qui fait le succès de cette œuvre : derrière les évènements terribles de la vie, on peut imaginer des jours meilleurs. Cela peut aider à survivre si ce n’est à vivre…

"Ceux qui partent ont toujours raison. Ils se jettent dans l'inconnu, défient l'oubli et l'on va les regarder jusqu'au bout, sur les quais des gares, dans les ports, sur les pistes d'envol, au bord des fosses ou des trottoirs, pour essayer de comprendre leur audace, pour attraper un bout d'évasion."

MichelANgelo 2013

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 16:26

Rhone.jpgQuand on n’a plus rien de neuf sous la main, on prend un livre oublié dans la bibliothèque en se disant que c’est l’occasion de lire un classique. Parfois la magie opère. Parfois la déception est au rendez-vous…

L’action se situe à une époque lointaine pour nos contemporains (entendez autour des années 50…). Quand le Rhône était un fleuve sauvage à peine aménagé avec sur ses rives des personnages hors du temps, sortes de fossiles amoureux de son cours majestueux mais souvent impétueux.

Le vieux passeur, les braconniers pêcheurs et Gilbert, le peintre en exil, sont les personnages de cette aventure nostalgique. De grands travaux d’aménagement s’engagent sur les rives du fleuve et laissent deviner la fin d’une époque…

Clavel fait du Rhône son personnage principal et il en brosse des tableaux magnifiques mais parfois ennuyeux par son obstination à ressasser son amour bucolique au point de négliger les petites aventures humaines qui émaillent son récit. On reste spectateur sans jamais pouvoir prendre parti. Les descriptions sont longues et le propos bien mince. L’intérêt ne parvient pas à se contenter de quelques belles phrases dont on pourrait pourtant envier les qualités stylistiques.

Le roman de Clavel a certainement mal vieilli. Ecrit un peu à la manière d’un Giono ou d’un Gide, il n’a pas gagné en épaisseur avec le temps, contrairement aux ouvrages de ces auteurs… C’est certainement la raison pour laquelle il ne les égale pas, de mon point de vue. Les personnages sont devenus des fantômes disparaissant peu à peu dans la nuit du temps. Ce qui aurait dû être puissant et leur assurer l’éternité ne reste qu’anecdotique…

Restent quelques bons mots, comme celui-ci : « Il faudrait que les hommes, en plus de leur intelligence, aient la bonté. Et pour l’avoir il suffirait qu’ils laissent en eux une plus grande place au rêve »

C’est avec regret que j’ai refermé ce livre. Il m’a privé de cette certitude de trouver en Clavel une matière inaltérable, un modèle d’écriture, un mètre-étalon pour mes lectures à venir. Pardon Monsieur Clavel d’être si dur avec vous, mais mon propos se mesure à l’aune de ma déconvenue…

MichelANgelo 2013

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 11:41

La-Secte-des-egoistes.jpgDans ce court roman, le héros imaginé par Eric-Emmanuel Schmitt va faire une découverte étonnante alors qu’il fait des recherches à la Bibliothèque Nationale : un nommé Gaspard Languenhaert vivant au XVIIIème siècle soutient une curieuse philosophie dans les salons… Pour cet excentrique, le monde n’est qu’une construction imaginée par son esprit et de fait, il en est l’épicentre… L’égoïsme ayant pour définition «l’homme qui croit que lui seul existe au monde, le reste n’étant que songe», il va multiplier les démonstrations qui corroborent ce prédicat, devenant un hôte incontournable des salons à la mode de l’époque qui voient en lui un original qu’on va aduler puis rejeter progressivement.

Le narrateur va partir à la recherche d’informations sur ce penseur très original. Quelle n’est pas sa surprise de voir toutes ses pistes finir en cul de sac ! Gaspard lui file entre les doigts et il devra chercher jusqu’en lui-même pour découvrir enfin le fin mot de l’histoire !

Roman philosophique, La secte des égoïstes n’est pas sans nous amener à réfléchir sur le sens de notre existence. Sommes-nous le centre d’un monde par nous-mêmes inventé ? Qu’est-ce que Dieu dans tout cela ? Gaspard n’est-il pas Dieu lui-même ? Commandons-nous le monde ou le monde nous commande-t-il ? Sommes-nous réalisateur ou simple spectateur de notre vie ? Les conséquences de notre éventuelle prise de position nous plongent, pauvre lecteur, dans une interrogation sans fond parceque sans réponse définitive !

Eric-Emmanuel Schmitt n’est pas philosophe de formation pour rien. Son roman interpelle pour qui sait lire entre les lignes… Sa virtuosité n’a rien d’académique. Elle s’exprime avec simplicité, même si le style reste brillant, rendant plus fort le séisme qu’il déclenche en nous. L’espèce de folie qui ronge ce Gaspard appartient à chacun de nous.

MichelANgelo 2013

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