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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 18:50

ard2.jpgEcrire est une activité stimulante à bien des égards. Elle nous permet de refaire le monde et d’y introduire notre touche personnelle. Alors même que les situations semblent tirées de la réalité, il n’en est rien. La réalité qu’on décrit est notre propre vision du monde. Nous agissons avec un pouvoir immense, celui d’un Dieu qui créée son propre univers.

Nous avons ce pouvoir de faire et défaire les choses, d’attenter à la vie de nos personnages, puis, sur un coup de tête, de revenir en arrière et leur proposer un autre destin. Nous jouons avec des vies fictives et pourtant si réelles… « Ecrire, c’est inventer ce qui existe déjà » fera dire Nathalie Kupperman à son héroïne dans son très beau roman « Les raisons de mon crime » !

Mais ce n’est pas tout. La dimension affective que met l’auteur dans son ouvrage est forme de thérapie bienfaisante qui agit, console, soigne. Il fait porter à ses personnages le poids de sa détresse et de sa mélancolie. Il transfert sur ses créatures ses craintes, ses doutes, ses peurs, ses phobies pour mieux les mettre à distance et les maîtriser.

Mais l’auteur n’est pas dupe. Il sait tout cela et il en joue, même si parfois son acte créateur le dépasse au point de sembler perdre pied.

Tout cela à un prix. C’est le poids de la culpabilité qu’on ressent devant la page blanche ou face à une situation créée par nous mais que nous ne maîtrisons que difficilement.

Il faut alors prendre ses distances, laisser notre esprit faire la mise au point. Comprendre les raisons de nos égarements. Alors on peut reprendre le douloureux chemin de la création.

Je dis douloureux. C’est bien le mot qui convient à ce travail solitaire et complexe. Alors même que je parle d’aimer écrire, je sais aussi que c’est une activité laborieuse dont on ne sort pas indemne. Ecrire, c’est tenter de mettre en forme ce qui ne peut l’être. C’est transfigurer la réalité au point de s’interroger constamment sur la pertinence de notre analyse et de notre cheminement. C’est poser une après l’autre les pierres d’un édifice fragile et monstrueusement colossal. A ce titre, c’est accomplir le travail éternel de Sisyphe sur sa montagne.

C’est rude, comme courir un marathon ou gravir un col hors catégorie en montagne. C’est notre lot quotidien. Mais la récompense est au bout. Ce délicieux sentiment d’avoir franchi la ligne d’arrivée. D’avoir fait une œuvre artistique, composé une mélodie qui restera dans le souvenir du lecteur potentiel.

Car écrire, c’est aussi écrire pour l’autre… celui qui vous lira. Il ne quitte jamais nos pensées alors que nous noircissons les lignes. Il est cette ombre qui plane au-dessus de notre épaule. Son regard critique nous importe plus que tout.

Sans lui, à quoi bon prendre la plume ? Nous écrivons bien pour les autres, pour être lus. C’est une grande responsabilité et une source de tracas perpétuel, mais c’est tellement stimulant !

Un bon roman est un roman dont on perçoit et apprécie la mélodie qui s’en dégage. Si le charme presque musical n’agit pas sur le lecteur, alors la mission n’est pas remplie. L’œuvre ne vaut pas la peine qu’on s’y arrête. Cette sanction est  sans appel. Elle oblige à revoir sa copie. Parfois de fond en comble !

En définitive, et de façon un peu masochiste, je dois l’admettre, c’est tout cela qui me fait aimer écrire… Ce sentiment d’aborder la rédaction d’une œuvre artistique en empruntant des chemins tortueux, dangereux, interminables parfois, et d’en ressortir vivant avec cette incomparable sensation du devoir accompli pour notre lecteur supposé.

 

MichelANgelo 2013

 

 

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Published by MichelAngelo - dans Réflexions personnelles
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