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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 15:45

les-raisons-de-mon-crime.jpgMarianne Raevens vit seule avec sa fille Fanny. Elle est au chômage et sombre doucement dans l’anonymat que nous inflige la société en pareil cas. Les amis ne passent plus, ne prennent plus de nouvelles… Marianne retrouve par hasard sa cousine Germaine, Martine. Autrefois, en vacances chez la grand-mère, Marianne admirait cette jeune fille délurée et promise à un bel avenir du fait de sa grande assurance. Mais très vite, Marianne découvre une fille alcoolique, battue par les hommes qu’elle a fréquentée, et sans avenir.

En pleine détresse, Marianne va renouer des liens compliqués avec sa cousine et remuer avec elle le terreau familial pourri qui a fait d’elles ce qu’elles sont maintenant. Martine n’attend plus rien de sa vie. Elle s’est réconciliée avec sa mère avant qu’elle ne décède, véritable harpie alcoolique également qui a enterré les six hommes avec lesquels elle a vécu… Elle n’attend plus rien de la vie si ce n’est une fin proche et inéluctable du fait de son penchant pour la boisson. Marianne est comme hypnotisée par cette cousine suicidaire et pourtant si sûre d’elle. Elle va la suivre dans sa dérive, comprendre combien sa propre mère lui manque, elle qui ne lui a jamais manifesté la moindre tendresse,  et trouver les raisons de son crime dans ce manque d’amour qui est une blessure à vif pour elle et chez les femmes de sa famille…

Roman dur. Ce voyage dans le quotidien sordide d’un quart monde à l’agonie est une épreuve pour le lecteur et les personnages du roman. C’est une vérité nue qui apparaît et fait sa place avec violence dans cette vision du monde désespérée. Nathalie Kuperman se montre particulièrement brillante dans cet exercice périlleux et évite le voyeurisme et le pathétique pour nous servir une belle leçon d’humanité révoltée et pourtant passive car enchaînée aux liens de la famille. En définitive, c’est bien l’amour qui triomphe toujours, même si les sentiments prennent parfois des chemins hasardeux et dangereux.

« C'est ça écrire, ma jolie, dit Marianne à sa fille, c'est inventer ce qui existe ».


MichelAngelo 2013

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Published by MichelAngelo - dans Romans
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