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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 09:50

Effroyables jardins

Michel Quint

 

La mort est un clown triste et grimaçant. Elle se joue des humains qui tentent de survivre sur la piste de la vie. La mise en scène est parfois diabolique et terrible, comme dans le roman de Michel Quint.

Le narrateur parle de son père, de la honte qu’il éprouve pour cet individu lorsqu’il se déguise en clown pour amuser la société avec ses farces éculées et son maquillage outrancier.

Pourtant, un jour, le meilleur ami de son père va lui raconter simplement, avec pudeur et tendresse les raisons qui ont poussé cet instituteur à célébrer un épisode crucial de sa vie de résistant en portant l’habit de clown.

Cet hommage répété sans fin s’adresse évidemment à ce soldat allemand qui tenta avec un certain succès d’apaiser leurs souffrances d’otages.

Plus largement, comme faisant écho à Chaplin qui tourne en dérision Hitler dans son film Le dictateur en faisant de lui un clown bien pathétique,  Quint adresse à l’humanité le signe palpable et inspiré de sa propre folie renvoyé  par cet instituteur grimé de façon grotesque et pourtant si touchant.

Alors que dans les jours à venir, l’hommage rendu par la nation aux morts de 14-18 laissera les consciences satisfaites du devoir de mémoire accompli dans le rituel devenu banal parce que  traditionnel, il me paraît tout indiqué d’enrichir et prolonger sa propre réflexion sur la guerre en lisant cet ouvrage essentiel.

 

MichelANge octobre 2004

 

PS : Le film de Jean Becker avec Villeret et Lhermitte tiré du roman de Michel Quint, bien qu’agréable à suivre, est bien loin d’ouvrir sur les horizons esquissés par l’oeuvre romanesque.

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Published by MichelAngelo - dans Romans
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