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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 11:13

 

Retour vers le passé.

Petit carnet de voyage au pays de George Sand et des siens…

 

Sur le chemin de retour de nos vacances dans les Pyrénées, le bordelais, puis la Dordogne, mon épouse Sylviane et moi-même avions décidé, un petit détour en Indre. Pour cela, nous avions réservé une chambre d’hôtes à Thevet Saint Julien, à dix kilomètres de Nohant-Vic. Bien avant notre destination, les panneaux indicateurs ne permettent pas d’ignorer la proximité de la maison familiale de George Sand. Cet appel est comme un avant-goût prometteur.

29 juillet 2005

 

Nous parvenons à la chambre d’hôtes où Mme Aprioux nous conduit à notre chambre qui est spacieuse et certainement très confortable. Notre hôtesse est menue et réservée. Ses cheveux attachés en arrière ont un peu blanchi. Elle doit avoir passé la cinquantaine. Elle vit seule dans cette grande maison berrichonne meublée avec goût. Elle s’efforce de nous mettre à l’aise, alors qu’elle-même ne paraît pas l’être. Une chambre d’hôtes n’est pas un hôtel. Nous sommes des étrangers dans un univers personnel, intime. Sylviane et moi savons qu’à chaque fois, il faut une période d’adaptation, le temps d’apprendre à se connaître ! Néanmoins, la première impression est souvent la bonne. Nous avons déjà de l’estime pour Mme Aprioux. 

Nous sommes en fin d’après-midi, et nous prenons le temps de vider nos valises et d’investir la salle de bains avant de nous rendre à La Châtre où, aux dires de Mme Aprioux, de nombreux restaurants offrent des prestations de qualité.

Manifestement, notre logeuse a raison. Les bonnes tables qui s’étalent au long des rues nous permettent un choix facile, compromis entre notre appétit et notre porte-monnaie. Convaincus depuis peu que le repas du soir se doit d’être léger tout en restant agréable, nous optons pour une pizzeria qui propose une liste de salades aussi raffinées qu’appétissantes. Le vin rosé frais qui accompagne notre frugal mais délicieux repas nous mène à la tombée de la nuit.

Nous rentrons chez Mme Aprioux qui nous prodigue quelques conseils pratiques ayant trait à notre logement avant de nous recommander vivement une visite de la maison de George Sand à Nohant. Nous ne pouvons retenir un sourire tout en confirmant que nous sommes là pour cela… Déjà, voici deux ans, nous avions eu l’occasion de visiter ce lieu, un peu trop rapidement à notre avis. C’est pourquoi nous sommes de retour dans le Berry, bien décidés à investir le lieu et en tirer un plaisir maximum !

Après le bonsoir, nous rejoignons notre chambre où, fourbus par le trajet de la journée, nous ne tardons pas à nous coucher. Les romans déposés sur notre table de chevet resteront fermés ce soir. Seule la perspective de la visite du lendemain nous empêche de trouver un sommeil rapide.

 

30 juillet 2005

 

 

Surprise ! Nous trouvons à la table du petit déjeuner deux couples qui conversent bruyamment et évoquent leur ressenti réciproque sur le concert auquel ils ont assisté la veille à La Châtre dans le cadre du Festival Chopin. Nous les saluons et nous asseyons. Il est délicat d’entrer dans une conversation qui ne nous est pas destinée. C’est seulement à la faveur de l’intervention de Mme Aprioux que l’éloquence des uns et des autres s’interrompt pour trouver dans les confitures maison le sujet suivant. Notre fine logeuse, largement complimentée, apporte  force détails de confection, livrés comme autant de secrets culinaires.

Nos nouveaux compagnons ont entre quarante-cinq et soixante ans, comme beaucoup des personnes qui fréquentent les chambres d’hôtes… Ce sont des gens cultivés principalement attirés par un tourisme culturel. Ils n’ont pas le parler simple. Nous nous sentons un peu en décalage et tâchons de remédier à cet état de fait en exagérant une aisance que nous sommes loin de posséder.

Au fil de la conversation qui a fini par abandonner les immenses qualités gustatives des confitures de Mme Aprioux, nous apprenons qu’un des couples est dans le secteur pour la durée du festival (le mari est médecin et musicien, sa femme mélomane avertie), et part aujourd’hui, après un ultime concert, alors que le second couple, qui a encore une journée à passer dans la région, envisage la visite de la maison de Nohant et quelques balades champêtres. Finalement, ils nous apparaissent tous très sympathiques et  je ne suis pas loin de considérer cela comme un heureux présage.

Le petit déjeuner ne peut durer raisonnablement plus d’une heure, aussi, les uns et les autres l’ayant tacitement compris, nous nous séparons en nous souhaitant une bonne journée. Nous retournons à la chambre, terminons notre toilette, puis confirmons un pique-nique pour le repas du midi.

Nous quittons la chambre d’hôtes vers dix heures trente, allons faire les courses indispensables à notre repas du midi à La Châtre, la glacière branchée sur la prise douze volts du coffre permettant de conserver l’ensemble dans un parfait état de conservation et de fraîcheur, puis prenons la direction de Nohant. Nous nous acquittons rapidement du court trajet et arrivons sur le parking réservé aux visiteurs. Là, se trouve une table de pique-nique libre, parfaitement ombragée. Il est tout juste midi, nous décidons de manger avant de partir en visite. Aucune contrainte matérielle ne viendra ainsi gâcher notre plaisir.

Du parking attenant, nous prenons le chemin de terre qui mène vers la petite place sereine et typique. Nous passons devant deux jeunes femmes probablement employées à l’auberge « La petite Fadette ». Elles sont assises au soleil et fument une cigarette en parlant fort de choses banalement impertinentes.

La minuscule mais incontournable église romane trône au beau milieu de cet espace lumineux et très ensoleillé, comme un appel du passé.

Nous nous approchons… Par un accord tacite entre nous, chacun va de son côté. La visite est une chose personnelle que l’on ne peut partager qu’à posteriori. 

Nous pénétrons ce modeste édifice et nous régalons de sa fraîcheur. Sa simplicité et son odeur pieuse nous rendent son accès coutumier.

Nous faisons le tour, chacun à notre façon. Sylviane, toujours assez rapidement, sans économiser ses allers et venues, moi avec minutie, attentif au moindre détail qui pourrait me révéler un peu de l’intimité du lieu. 

Près de la sortie, mon œil est arrêté par une affichette que je déchiffre. Elle parle d’un autre temps, du jour de la cérémonie d’enterrement de George Sand, en 1876. Alors, j’imagine cet espace liturgique plein des grands esprits de l’époque, j’entrevoie la foule mêlée des humbles et des puissants… Quelques titres de romans me viennent à l’esprit, La mare au diable, La petite Fadette, et je suis transporté ailleurs. Le désir d’aller plus loin m’assaille. Je ressens le besoin d’étancher cette soif qu’on ne ressent qu’à l’approche de l’indicible…

En sortant de l’église, nous nous retrouvons et nos yeux complices trahissent notre bonheur. Notre regard se dirige naturellement sur la gauche pour atteindre le portail massif de la propriété familiale de George Sand, grosse bâtisse bourgeoise achetée par sa grand-mère Marie Aurore de Saxe alors qu’elle voulait fuir la Révolution française de 1789.

Nous n’hésitons pas un instant, nous prenons nos billets d’entrée et attendons patiemment le départ de la visite guidée fixé à treize heures trente. Nous masquons notre impatience derrière une désinvolture qui convient au lieu.

Nous faisons nonchalamment le tour du magnifique parc dans lequel le service culturel du Conseil Général de l’Indre propose une série de panneaux offrant aux visiteurs que nous sommes quelques beaux textes littéraires ayant pour thème unique des descriptions de femmes rendues célèbres par Balzac, Zola, Proust et bien d’autres. Cette digression champêtre et romanesque à la fois nous amène à l’heure fatidique et nous rejoignons bien vite le perron de la demeure tant espérée !

La visite peut commencer, nous sommes prêts à l’apprécier à sa juste valeur.

On ne sait par quel miracle les guides de la maison de Nohant ont tous un charisme qui sied à l’édifice et ses illustres habitants ! Après deux visites, l’éloquence et la conviction de chacun des guides m’ont toujours très agréablement surpris.

L’ensemble des pièces est resté meublé tel que George Sand les a voulues. On doit ce miracle à sa petite fille, Aurore, qui a vécu ici jusqu’à sa mort en 1961 en préservant la mémoire de son aïeule vénérée.

Merci à elle ! La cuisine semble prête à reprendre du service sous l’autorité de la maîtresse de maison, les chambres sont simples et charmantes, le petit théâtre semble attendre le retour des habitants du lieu partis en voyage… L’esprit  de George, la fantaisie de son fils Maurice, la délicatesse de sa fille Solange, les grands parents, les descendants et illustres visiteurs sont bien présents. Ils ne sont que temporairement absents de leur demeure.

En jetant un œil furtif mais acéré dans le petit cabinet George Sand, vers son petit bureau improvisé dans le placard, on croit deviner une ombre féminine d’un autre temps qui se cache dans la pénombre pour ne pas rompre le charme mystérieux qui vous étreint le cœur et fait défiler dans votre tête une multitude d’agréables images nourries par la moisson de votre regard et les anecdotes judicieuses et colorées du commentateur.

Dans la salle à manger, la table est dressée avec le service de l’époque, dans l’attente d’un improbable repas où les fidèles de George, sa famille et ses amis, sont placés suivant un plan de table inspiré. Le magnifique décor et l’imposant lustre italien très coloré confèrent à la pièce un statut privilégié sur la partition de la maîtresse des lieux qui n’a toujours pas quitté les lieux. Elle rôde ici, fantôme improbable d’une grandeur passée et enviée qui tente de résister au travail de sape du temps et de l’oubli.

Une heure en ces lieux passe trop vite. Nous quittons la maison en formant le voeu d’y revenir sans trop tarder. Un visiteur, comme nous émerveillé, nous recommande un détour par le village de Gargilesse abritant la petite maison de campagne de la famille Sand. Cette modeste habitation fut tout particulièrement utilisée pour leurs recherches sur les papillons et les chenilles !

Avant de reprendre la route, nous ne manquons pas de visiter le petit cimetière familial qui jouxte la demeure principale Nous nous recueillons quelques instants devant les sobres tombes qui abritent ces êtres dont nous avons appréhendé l’existence et qui nous semblent déjà si familiers. Nous recherchons les liens de parenté, les absents éventuels. Nous mettons tout en œuvre pour faire durer notre bonheur et oublier qu’en ce lieu particulier et solennel, c’est l’inexorable et terrible réalité de la mort des êtres chers qui s’étale à l’ombre des résineux et sous l’envahissante luxuriance du lierre.    

Retour au parking et à la réalité. Nous glissons notre véhicule dans la circulation après cette trop courte et nostalgique parenthèse qui nous a définitivement marqués.

Il est quinze heures trente, nous partons visiter le château d’Ars, puis le moulin d’Amgibeau, mais le cœur n’y est plus. Nous semblons avoir épuisé notre capacité d’émerveillement à Nohant.

Le temps de trouver un petit restaurant sympathique à La Châtre pour le repas du soir, de rentrer à la chambre nous rafraîchir et nous détendre que déjà le soleil décline à l’horizon. Nous partons nous restaurer. Le repas, qui a la fadeur de cette fin de journée, traîne un peu en longueur et il nous reste peu de temps libre avant le coucher. Malgré tout,  nous sacrifions bien volontiers quelques longues minutes à notre roman du moment avant d’éteindre la lumière. Sylviane se délecte de l’écriture très féminine de Lorraine Fouchet dans De toute urgence, tandis que je me noie avec délices dans Deuil Interdit le dernier mais très bon thriller de Michael Connelly.

 

31 juillet 2005

 

Matin radieux, soleil lumineux et petit déjeuner très sympathique. Le couple resté à la chambre d’hôtes doit partir ce matin. Comme nous les avons croisés hier lors de la visite de Nohant, nous trouvons dans l’échange de nos impressions un sujet intarissable. De toute évidence, ils ont un ressenti très proche du nôtre, et il n’est pas difficile d’évoquer nos expériences personnelles. Nous nous comprenons à demi-mot.

Mme Aprioux reste discrète. Elle a la délicatesse des gens qui savent quand intervenir ou écouter. Son activité d’hôtesse lui va comme un gant ! Quelquefois, autant par respect que par curiosité, nous sollicitons son avis ou lui enjoignons de nous apporter certains éclaircissements qui ne peuvent être trouvés qu’auprès des autochtones. Alors, elle devient volubile et s’acquitte de sa mission avec beaucoup de savoir-faire et de compétence. On dirait qu’elle a lu toute l’œuvre, pourtant énorme, de George Sand et qu’aucun lieu sandien ne lui est étranger ! Nous nous plaisons, les uns et les autres, à la taquiner en lui indiquant combien la région serait triste sans George Sand, seul vrai capital culturel, peut-être un peu surexploité dans un vaste rayon de quarante kilomètres à la ronde ! Elle en convient gentiment avec un sourire qui semble dire « Vous n’êtes pas les seuls à le remarquer ! »   

Nos nouveaux amis n’iront pas à Gargilesse car ils partent ce matin retrouver leurs enfants à côté du Mans. Ils envisagent de revenir ici prochainement afin de visiter Gargilesse. Je pense que, sans l’avouer, les uns et les autres souhaitent pouvoir se rencontrer à nouveau pour prolonger les bienfaits d’une expérience commune particulièrement marquante. Finalement, on n’échangera pas nos adresses… Il faut également compter sur le risque de voir le charme rompu lorsque le lien qui nous unit ne sera plus qu’un souvenir commun.

Gargilesse est à cinquante kilomètres, une bagatelle pour ce qui ressemble de plus en plus à un pèlerinage. L’itinéraire se compose de petites routes très sinueuses qui serpentent jusqu’à la vallée de la Creuse. Juste avant Gargilesse, à l’heure du repas, nous faisons une halte au Pin, à Argenton sur Creuse. Plus tard, nous apprendrons que ce lieu était la dernière étape du long trajet qui menait George Sand à Gargilesse. Il ne reste qu’à descendre dans la vallée pour atteindre notre but. Faute de route suffisamment carrossable, George Sand accomplissait cette descente à pied, aidée par le paysan Moreau et son âne !

L’hôtel du Pont noir laisse découvrir, derrière une façade austère et assez peu engageante, une grande salle de restaurant confortable ouverte sur la vallée. Le point de vue est admirable, et le menu ne souffre aucune critique. La patronne est gentille, attentionnée avec ses clients. On comprend que la saison touristique est courte et que tout est mis en œuvre pour donner l’envie aux touristes de revenir en ce lieu agréable.

Nous reprenons la voiture, après avoir complimenté notre hôtesse et demandé les tarifs de sa pension, au cas où…

La route est faite de quelques virages au bout desquels nous découvrons enfin Gargilesse. Notre étonnement est total. La vallée, très encaissée à cet endroit, distribue avec équilibre son espace entre une végétation vert foncé et d’antiques habitations rurales. Les zones très ombragées, abritées du soleil, rivalisent avec des zones frappées par une lumière d’une intensité exceptionnelle. Ce contraste contribue à rendre le point de vue magnifique !

Nous nous garons sans tarder, puis pénétrons avec empressement dans ce village qui semble tout droit sorti  d’un roman champêtre sandien.

Nous découvrons que les peintres ont élu domicile à Gargilesse depuis longtemps déjà. Les témoignages de quelques gloires passées côtoient quelques peintres modernes aux goûts picturaux assez discutables.

 Le château est imposant, et nous ne nous lassons pas de ces petites rues pittoresques en cherchant la maison de George. Nous descendons vers le bas du village et soudain, sur la droite, elle apparaît…

Nous sommes surpris, car sa taille est à l’inverse des demeures habituelles de George Sand. La maison est ridiculement petite. Pourtant il émane d’elle une aura qui fait battre plus rapidement notre cœur conquis. L’escalier de pierre qui permet d’accéder à la porte d’entrée est usé par les ans. Dans la petite entrée, une guide d’âge mûr monopolise toute l’attention d’un public enthousiaste. Tout en répondant aux questions des uns et des autres, elle distribue, contre rétribution, les tickets d’entrée.

Nous, nous sommes subjugués par les vitrines et les souvenirs sandiens qui nous sautent à la figure. C’est une débauche invraisemblable d’objets divers, de petits meubles et de gravures qui se pressent pour nous raconter un peu de l’intimité campagnarde de la romancière.

Le magnifique tableau original de Véron qui représente cette maison en 1859 trône au milieu du mur et on ne peut le manquer. Il illumine le lieu de sa présence.

Nous prenons notre billet, puis restons attentifs aux paroles de ce guide à la verve authentique qui a eu la chance de connaître Aurore après qu’elle eut fait l’acquisition d’une maison à Gargilesse aux environs de 1950.

La visite s’engage. Bien des commentaires nous sont maintenant familiers, mais quand on aime, on ne se lasse pas… La petite chambre est une surprise. Elle ne fait pas beaucoup plus de six mètres carrés et le lit d’époque flanqué dans l’encoignure donne à l’ambiance un réalisme qui nous touche. Le cabinet de toilette de voyage semble attendre sa maîtresse…

La pièce suivante est dédiée à Maurice, le fils fidèle et exclusif. S’y trouvent pêle-mêle des collections de papillons, d’insectes divers, quelques marionnettes, un outillage abondant de capture, d’anciens manuscrits, des effets personnels… Contempler tout cet intéressant et historique fatras prend du temps et nourrit notre plaisir.

La cuisine est joliment agencée, mais aussi rudimentaire que minuscule. Le confort n’était pas l’essentiel ici ! Nous apprenons sans réelle surprise qu’au 19ème siècle, la distance qui sépare  Nohant de Gargilesse nécessitait cinq bonnes heures de voiture à cheval lorsque l’état des chemins le permettait. Dans de mauvaises conditions, le voyage pouvait durer un à deux jours !

Au rez-de-chaussée, on devine encore l’ancien four à pain banal transformé en écurie par l’amant et le confident de l’époque, ce cher Alexandre Manceau qui veille sur sa bien-aimée.

Notre guide en a fini. Pourtant, elle n’hésite pas à répondre aux questions qui ne cessent de fuser des gorges envoûtées par la magie du lieu.

Avant de repartir vers des contrées plus ternes, nous achetons deux livres de George Sand qui nous permettront de garder un lien avec ce lieu, d’apprendre à le mieux connaître : Carnets de voyage à Gargilesse et Promenades autour d’un village. Un peu tristes, nous n’oublions pas de féliciter notre guide pour la qualité de sa prestation.

Il reste peu à dire qui ait une réelle importance à présent. Nous flânons encore dans Gargilesse, étanchons notre soif à la terrasse du premier bistrot sympathique, puis retournons à la voiture qui nous ramènera à Thevet Saint Julien en faisant un détour par l’imposant château de Sarzay dont la visite est superflue, puis à une épicerie qui nous permettra d’assurer le repas du soir.

Nous soupons simplement dans le parc de la chambre d’hôtes. L’enchantement se termine. Le cœur n’y est plus, car le départ est pour demain. Sylviane va retrouver son livre, moi je vais faire un tour à pied dans la campagne environnante. La quiétude du lieu sied à mes états d’âme, pas très enjoués… Heureusement, sur le chemin, j’ai la chance de voir détaler trois lapins, s’envoler un magnifique héron cendré et s’affoler une poule d’eau. Ces petites consolations misérables mais authentiques rendent ma mélancolie moins dure à supporter. Je vais me coucher alors que le soleil décline derrière le vallon, noyant d’or cette inestimable contrée.

 

Gilbert Paillette, juillet-août 2005

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Published by MichelAngelo - dans Mes Nouvelles
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