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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 12:16

SLAVE.jpgAyant eu l’occasion de voir l’excellent film de Steve McQueen tiré de l’expérience de Solomon Northup j’ai, comme beaucoup d’autres, eu envie de lire le récit de cet homme noir mais citoyen libre dans le New-York du milieu du 19èmesiècle enlevé par des négriers et vendu comme esclave en Louisiane.

Certes, le document n’est pas un roman. C’est avant tout un récit documentaire très précis et à ce titre, il ne faut pas s’attendre à y retrouver l’ambiance romanesque  du film de Steve MacQueen qui a pris quelques libertés avec son scénario.

Solomon Northup décrit, presque jour après jour, les conditions de son statut d’esclave, avec minutie et précision, sans donner dans le pathos alors même que sa situation peu enviable  aurait facilement pu déraper dans ce sens.

Toutefois, on ne peut que s’attacher à ces personnages que les maîtres et le système esclavagiste réduisent à l’état d’animaux. On souffre avec eux et l’on hait ceux pour qui donner le fouet est un acte quotidien, normal et justifié par la seule rentabilité de ces grandes exploitations sucrières et cotonnières (citation 1).

 Pourtant, quelques rares maîtres compatissants inciteraient à ne pas désespérer de la nature humaine. Ce serait sans compter sur le fait qu’eux-mêmes ne remettent pas le système en cause, mais s’en arrangent (citation 2)…

Certaines scènes sont très dures. Comme dans le film, à la limite du supportable. La description en est méthodique, assez froide, à la manière d’un reportage. Cette irruption de la réalité étalée devant le lecteur soulève un grand sentiment d’indignation et de compassion exacerbé par cette vérité absolue que l’on reçoit en pleine figure.

Solomon cherche à prévenir sa famille et ses amis, mais sans papier, ni encre, ni relations sûres, la chose ne sera pas aisée. C’est le fil conducteur du livre. Il y parviendra après douze années de souffrance et de désespoir ponctuées de rares moments de fraternité et d’humanité.

Voilà un document qui en dit long sur la condition esclavagiste dans les Etats du Sud de l’Amérique et peut expliquer les difficultés qu’aura l’Amérique à mettre un terme à ce système pervers dont les effets gangrènent encore le pays dans son rapport aux minorités, comme des ondes de choc perpétuelles.

 

Michelangelo 2014

 

Citations :

1) Pour être contremaître, les qualifications requises sont une absence de cœur totale, de la brutalité et de la cruauté. Son seul objectif est d'obtenir de larges récoltes, peu importe le degré de souffrance infligé du moment qu'il l'atteint.

 

2) Il y a sans doute des maîtres compatissants, comme il est certain qu'il y en a d'inhumains. Il y a sans doute des esclaves bien habillés, bien nourris, comme il est certain qu'il y en a des déguenillés, affamés et misérables. Néanmoins, une institution qui tolère autant de torts et d'inhumanité que j'en ai observé est une institution cruelle, injuste et barbare.  

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Published by MichelAngelo - dans Romans
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