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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 17:49

Décor de rêve. La Corse et ses paysages à couper le souffle.

Michel Bussi en fait un élément déterminant pour son roman, comme il l’avait fait avec Ne lâche pas ma main et l’île de la Réunion. L’aspect touristique est bien ficelé et les descriptions parfaites, genre cartes postales.

Concernant les personnages, on n’échappe pas au Papé corse, à la famille corse, à l’omerta, aux mamies silencieuses vêtues de noir, évidemment. Les gendarmes sont discrets, voire complaisants avec les gens du terroir. On frôle souvent la caricature, sans y sombrer malgré tout.

Pour agrémenter le tout, une dose d’indépendantisme, d’écologie et d’amour de la mer avec un parc marin et des évocations appuyées du film de Luc Besson, Le Grand Bleu et le tableau est brossé.

L’intrigue est construite autour d’un terrible accident de voiture arrivé en 1989 et le retour sur les lieux du drame de Clotilde 27 ans plus tard. Elle veut exorciser le passé et comprendre ce qui s’est réellement passé ce 23 août où ses parents et son frère ont trouvé la mort, la laissant seule survivante.

Le lien entre les deux époques est entretenu par le journal intime de Clotilde écrit au moment des faits, alors qu’elle avait quinze ans, journal dont les extraits sont distillés au fil des chapitres pour aiguiller le lecteur et lui éviter de se perdre.

La question qui va tenir en haleine est la suivante : s’agissait-il d’un accident ou d’un sabotage ? Qui connaît la vérité, totale ou partielle, sur cet événement tragique ? Qui faut-il croire ?

Le timing est implacable, le 23 août 1989 rejoint inexorablement le 23 août 2016 pour aboutir à un dénouement qu’on devine étonnant, peut-être détonant.

Le suspens est bien entretenu, et comme à son habitude, Michel Bussi prend plaisir à diriger son lecteur vers de fausses pistes. Malheureusement, pour ma part, j’ai trouvé son propos trop long. A force de jouer avec son lecteur, il oublie parfois d’aller à l’essentiel et devient parfois ennuyeux et répétitif.

Les grandes envolées lyriques, les bons sentiments et les beaux décors ne font pas tout. Et un Papé corse de plus de 90 ans qui court, saute, plonge et nage comme un jeune athlète entre ses séjours à l’hôpital, j’ai du mal à entrer dans le jeu…

Certes, l’ensemble est bien écrit et reste agréable. Le moins crédible est peut-être la façon de Clotilde d’écrire dans son journal à quinze ans. On sent que Michel Bussi est derrière et qu’il rame parfois beaucoup pour trouver le ton juste, celui d’une adolescente de 1989 ! Il s’attache aux petits détails (la technologie de l’époque, les tenues vestimentaires, les musiques à la mode, etc.) mais se montre agaçant quand il essaie de penser à la manière d’une jeune fille de l’époque !

Le temps est probablement la notion qu’il traite de la manière la plus intéressante. Ce temps qui passe inexorablement, charriant dans son sillage les regrets, les erreurs et emportant les rêves de chacun. Cela rend le roman émouvant et profondément humain et donne, à bon escient, le titre du roman. 

On reste loin d’atteindre la qualité de Nymphéas qui reste la référence absolue. Malgré ses limites, ce polar fera les délices des nombreux inconditionnels de Michel Bussi.

 

Michelangelo 13/09/2017

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Published by MichelAngelo - dans Romans
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