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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 10:52

Les éditions Mnémos ont eu la bonne idée d’éditer en un seul volume la trilogie d’Opar écrite en grande partie par Philip José Farmer, écrivain génial de science fiction et Héroic-fantasy et avec l’aide de Christopher Paul Carey (dernier opus de la saga). Quand on s’est régalé, comme moi, avec les romans de Philip José Farmer (Le fleuve de l’éternité, Ose, le noir dessein, le labyrinthe magique, les amants étrangers, entre autres), cette parution a fait l’effet d’une bombe !

Les deux premiers volets restituent un monde perdu, pas si lointain du nôtre dans le temps et quelques indices géographiques sont sensés situer cet univers autour de la méditerranée (ferait-il allusion à l’Atlantide ?). Tout est majestueux, grandiose, foisonnant et présente de grandes similitudes avec l’Empire romain dans toute sa splendeur, que ce soit en terme de divinités, de politique, de guerre, de construction, d’habilement. Toutefois, la faune (sauvage et luxuriante) est peuplée d’animaux aussi exotiques que dangereux. On retrouve l’imagination débordante de l’auteur et son goût immodéré pour les situations extraordinaires.

Hadon, originaire d’Opar, la merveilleuse cité d’Or, va devoir se rendre à Khokarsa pour participer aux grands jeux du cirque dont le vainqueur deviendra roi et épousera la belle Awineth…

Le premier volet décrit le long voyage d’Hadon vers la capitale, puis les combats terribles et meurtriers dans l’arène. Alors qu’Hadon doit récolter le fruit de sa victoire, il est envoyé remplir une mission longue et dangereuse par l’oracle de la déesse Kho. Cet éloignement forcé, si près du but, n’est qu’une diversion destinée à l’éloigner d’Awineth dont le père, Minruth, refuse d’abdiquer en faveur d’Hadon.

Le second volet va raconter cette quête réputée impossible et la prise de pouvoir par le père d’Awineth, au prix de nombreux morts et destructions. Les dieux vont s’affronter par humains interposés (tiens, tiens… c’est pas nouveau ça, non ?) La déesse Kho soutenue par Awineth, grande prêtresse et une grande partie de la population est remise en cause par Minruth et ses prêtres qui veulent mettre en place le dieu du soleil Resu et asseoir définitivement un nouveau pouvoir et un nouveau règne (tiens, tiens… comme l’épisode égyptien d’Akhenaton qui tente sans succès d’instaurer une nouvelle religion avec sa femme Néfertiti… ce qui renforce l’idée que Philip José Farmer a puisé largement dans l’Antiquité ses références historiques et politiques).

Hadon accomplira sa mission, mais tout ne sera pas terminé pour autant. Minruth lui refuse le trône. L’oracle intervient juste à propos pour lui donner une nouvelle mission.

Hadon rentrera à Opar avec la belle et amoureuse Lalili qu’il a rencontrée lors de son périple et dont l’enfant doit naître, aux dires de l’Oracle, dans le temple de Kho dans la cité d’Opar… Le roman se termine en queue de poisson, si je puis dire, et Hadon va rester en stand-by alors que va débuter le troisième et dernier volet de la saga.

La plume change, car l‘écriture définitive de cet opus est due à Paul Carey qui soigne la qualité d’écriture alors que P-J Farmer a souvent tendance à se laisser emporter par l’action au détriment du reste (c’est probablement son défaut principal).

Le roman s’intitule La geste de Kwasin. Ce Kwasin est un colosse de plus de deux mètres, musclé à souhait, pas forcément très malin (il fonce dans le tas avant de réfléchir), cousin d’Hadon et grand défenseur de Kho (et si semblable à ce héros mythique incarné par Arnold Schwarzenegger, Conan le barbare). Armé de sa hache forgée avec le métal d’une météorite réputée invincible (tiens, tiens, comme Excalibur et le roi Arthur), il va mener le dur combat contre les armées de Minruth presque tout seul...

Je ne vais pas raconter l’issue de ce choc de titans. Je vous laisse la découvrir si vous avez le courage d’aller jusqu’au bout. Oui, vous l’avez deviné, cette série ambitieuse est parfois indigeste. Ecrite autour des années 1975 pour l’essentiel, elle fait montre d’originalité à l’époque. Malheureusement, rééditée de nos jours, elle a un peu vieilli. Le bon a certainement été copié, laissant un goût de déjà lu ailleurs, et l’emphase dramatique est retombée à la manière d’un soufflé plus très frais… Les personnages sont réduits à l’essentiel, à savoir leur interaction dans cet univers (sauf dans le dernier volet où la psychologie des protagonistes est moins rudimentaire).

L’univers crée a certainement fait l’objet d’un travail de documentation absolument énorme. A ce sujet, on trouve en fin d’ouvrage une frise détaillée des grands moments entre -12.000 et moins 10.000, début de cette saga qui se veut historique. Malheureusement, l’ensemble ressemble parfois à un vaste brouillon tout juste remis en forme pour l’occasion. J’en veux également pour preuve les imperfections dans la traduction qui laisse passer un nombre important de fautes de syntaxe et d’accords…

Néanmoins, pour les inconditionnels, dont je suis, il est bon de saluer cette belle initiative des éditions Mnémos d’avoir réuni les trois épisodes de cette saga pratiquement introuvable de nos jours. Le prix en est élevé (35€ quand même) et la déception un peu au rendez-vous. Reste le bonheur de posséder dans sa bibliothèque l’ensemble de l’œuvre de cet écrivain visionnaire disparu en 2009, laissant ses lecteurs orphelins.

 

Michelangelo 2017-04-04

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Published by MichelAngelo - dans Science Fiction
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