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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 11:50

Après avoir connu le succès avec son roman pseudo autobiographique, La vérité sur l’affaire Harry Québert, Marcus Goldman, alias Joël Dicker, en panne d’inspiration, décide d’écrire l’histoire de sa famille et le drame qui va toucher son oncle Saul, son épouse et ses deux cousins. Histoire qui semble l’avoir marqué de façon indélébile.

Marcus vit avec ses parents dans le New Jersey. Famille modeste mais aisée, ils sont tout le contraire de l’Oncle Saul, prestigieux avocat d’affaires fortuné vivant avec sa superbe femme Anita et leur fils Hillel et presque fils adoptif Woodrow dans une somptueuse maison de Baltimore.

Les deux familles se retrouvent régulièrement pendant les vacances scolaires chez Oncle Saul, en Floride et les cousins tissent des liens très forts malgré leurs différence de statut social et la présence d’Alexandra, magnifique voisine des Baltimore dont les trois cousins sont amoureux… Au fil des années, leur amitié va tenir contre vents et marées au point de se prénommer eux-mêmes le Gang des Baltimore, jusqu’au drame annoncé qui va faire basculer cette belle organisation de façade à Thanksgiving.

Toute l’intrigue tient dans ce drame sans cesse évoqué et que le lecteur attend longtemps avec une certaine impatience. Il n’est pas facile de maintenir l’attention du lecteur avec la promesse d’un coup de théâtre sans tomber dans l’ennui induit par l’évocation des longues  réminiscences de l’auteur fictif, Marcus Goldman. Pour cela, il utilise avec savoir-faire la relation amoureuse qui lie la belle Alexandra à Marcus et ses cousins, relation ambigüe à souhait qui devient un fil conducteur à l’égal de ce voisin âgé, Léo, qui voudrait devenir écrivain mais bute éternellement sur une page blanche et apporte à Marcus son soutien…

Une fois encore, l’Amérique est le décor bien brossé de Dicker pour son roman mais, peut-être avec le souci de se renouveler, il n’évite pas certaines outrances qui deviennent autant  de clichés d’une société à plusieurs vitesses où le pouvoir de l’argent emporte tout sur son passage. On notera cependant une analyse des personnages d’une certaine densité psychologique et il parvient à leur donner une existence plausible alors même que l’on sent derrière les réactions parfois caricaturales le travail consciencieux et brillant de l’étudiant en cours  de littérature qu’il fut…

Ecrire une suite à son premier best seller représentait pour Dicker une gageure pas facile à relever, les critiques littéraires jaloux l’attendant à l’orée du bois.

Malgré tout, j’estime que, sans avoir écrit un chef d’œuvre, et sans atteindre le niveau d’écriture de son premier roman, Dicker a conçu un assez bel ouvrage avec certes, bien des défauts, mais quelques belles réussites. J’ai pris plaisir à cette lecture et me suis très modérément ennuyé en attendant un dénouement qui tarde un peu.

Si je pouvais donner un conseil à Dicker pour son prochain ouvrage, ce serait de laisser tomber Marcus Goldman, de faire table rase, et de nous proposer un tout autre sujet afin de prouver que son imagination ne connaît pas les limites que certains voudraient lui imposer. Mais mon avis est de peu de poids et mon insignifiance avérée n’ira certainement pas jusqu’à lui mais recevra les foudres de la bien-pensance à la française, celle des belles lettres et de l’establishment…

 

Michelangelo 2017 

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Published by MichelAngelo - dans Romans
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