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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 11:45
Le serpent d'étoiles de Jean Giono

Conte ou réalité ? Dans cet ouvrage, tout s’enchevêtre et se mélange. La nature, le ciel et la Terre, les animaux et la végétation, la mer et les fleuves… L’homme règne en maître quand il est berger, l’homme est réduit à néant quand il n’entend pas les chants du Monde.

Tout commence par une rencontre entre le narrateur et les protagonistes de la transhumance dans les Alpes de Haute-Provence… Le narrateur (s’agit-il de Giono lui-même ? Rien ne l’atteste) va découvrir les liens immémoriaux qui unissent le troupeau, les bergers et la Nature. En point d’orgue, il va nous conter la nuit magnifique où tous les troupeaux et tous les bergers se retrouvent dans la montagne et procèdent à une veillée extraordinaire mêlée de théâtre, de musique et de poésie à l’état brut.

Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire dans ma critique des Vraies Richesses, ceci n’est pas un roman, pas un recueil de poésie, pas un essai. C’est du Giono. Il mêle adroitement mythe et réalité, conte et reportage, poésie et narration. Les arbres sont des personnages, les moutons agissent avec sagesse et savent reconnaître le bon grain de l’ivraie, l’homme bon de l’homme malveillant. Les bergers sont des acteurs et des poètes quand ils ne sont pas musiciens ou tout à la fois…

La grande fête de la transhumance racontée explose comme un hymne à la Nature et à la Vie. Les humbles ne sont pas humbles et les vraies richesses sont dans un équilibre parfait entre tous les éléments (Terre, Air, Feu, Eau).

Les thèses de Giono se trouvent une nouvelle fois démontrées et mises en avant avec le brio d’un génie de l’écriture.

Personnellement, je trouve juste que l’auteur en fait beaucoup, et ce beaucoup confine parfois au trop… Sensible à son discours, je trouve parfois sa poésie redondante et trop foisonnante au point de donner une forme d’indigestion poétique au modeste lecteur que je suis.

Son discours a peut-être un peu vieilli, ce qui le rendrait presque inaudible pour nos contemporains ? La mode porte pourtant à retrouver ces vraies richesses, mais elle les veut réactualisées et modernes, ce qui est paradoxal pour des valeurs authentiques et ancestrales défendues par Giono. Mais l’Homme moderne n’est pas à une contradiction près et moi non plus… Le Monde avance. Il court peut-être à sa perte. Les grands écrivains et poètes comme Giono nous rappelle la futilité des choses de ce monde et agissent en visionnaires pour qui sait lire entre les lignes.

Michelangelo 2016

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Published by MichelAngelo - dans Romans
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